Conjoncture

A l’instar de voisins européens, la Fédération Wallonie-Bruxelles veut démocratiser l’accès à la connaissance scientifique. Reste à mettre chercheurs, éditeurs et industriels sur la même longueur d’onde.

Son principe fondateur pourrait se résumer comme suit : ce qui est financé en partie ou en tout par les pouvoirs publics doit être accessible à tout le monde. "Il est inconcevable que les recherches scientifiques financées sur fonds publics deviennent la propriété de sociétés commerciales (comprenez : les éditeurs) et ne puissent plus être diffusées que contre un second paiement" ( NdlR : les universités et instituts de recherche, premiers producteurs de ces contenus, doivent en effet payer pour pouvoir s’abonner aux prestigieuses revues scientifiques). Il s’agit donc de faire en sorte que chaque citoyen du monde puisse avoir accès gratuitement à la connaissance scientifique qui est générée par des deniers publics", cadrent d’emblée plusieurs académiques belges francophones. Cela, c’est précisément ce que d’aucuns appellent aujourd’hui "l’open access", en français l’accès libre et gratuit aux publications scientifiques.

Un avant-projet de décret en FWB

Aux Pays-Bas, en Angleterre et tout récemment en France, les gouvernements en place n’ont pas hésité à légiférer en la matière afin de couler ce principe dans le marbre. L’objectif : protéger de toutes poursuites judiciaires les chercheurs qui souhaiteraient rendre accessibles à tous les résultats de leurs recherches. En Belgique, et singulièrement en Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Jean-Claude Marcourt (PS), vient tout juste de finaliser un avant-projet de décret visant à établir une politique de libre accès aux publications scientifiques, exactement dans cette même philosophie. Le texte décrétal va même plus loin que les lois prises par les pays précités dans la mesure où il donne un caractère obligatoire au "libre accès".