Conjoncture La cryptomonnaie est au plus haut de sa courte existence.

Le bitcoin enchaîne les records. Après avoir atteint en cours de semaine le cap historique des 5 000 dollars, la cryptomonnaie la plus populaire a frôlé vendredi les 6 000 dollars, soit un écart journalier de près de 20 % ! C’est dire que l’on se trouve ici en terre de très haute volatilité et, partant, dans un univers où le risque est aussi élevé que la perspective de bénéfices. "Le ciel est la limite", estiment les amateurs de spéculation, tant qu’il y aura des acheteurs, il y aura de la valeur.

Mine d’or virtuelle

Devenue il y a un peu plus de 8 ans (en février 2009) pour les "geeks", une mine d’or virtuelle, la cryptomonnaie a entre-temps fait des émules et il existe désormais des dizaines de monnaies basées sur le calcul crypté permettant de sécuriser des opérations financières ou des transferts d’argent au sein de registres numériques (blockchain) partagés entre les utilisateurs.

La Chine enterre le bitcoin

En septembre dernier, on a pourtant bien cru que ces monnaies allaient devoir rejoindre les profondeurs du Web, les autorités financières chinoises ayant déclaré illégales les opérations de vente ou d’achat effectuées par quelques grosses institutions locales. Lorsque ces dernières avaient été forcées de mettre la clé sous la porte, le bitcoin qui était arrivé à un sommet juste sous les 5 000 dollars, avait chuté rapidement jusqu’à 3 200 dollars environ. Mais depuis, la tendance à la hausse est revenue, et a même connu ces derniers jours un coup de fouet pour arriver hier en cours de journée, à un plus haut de 5 856 dollars. Cette volatilité, qui fait actuellement défaut aux actifs financiers classiques, intéresse bien entendu le monde financier. Les grandes banques américaines comme Goldman Sachs, étudient la possibilité d’ouvrir un accès aux crypto-monnaies à leurs clients investisseurs professionnels. Mais certains spécialistes du secteur le rappellent : hors la sécurisation des opérations, ces devises virtuelles n’ont pas de contrepartie physique comme de l’or ou la garantie d’un Etat. En outre, rien ne permet de croire en leur pérennité. L’utilisation du bitcoin pour des opérations illicites ou de blanchiment est à la base de son bannissement par la Chine.

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