Conjoncture

Il a pris ses fonctions de CEO de Fairtrade Belgium (ex-Max Havelaar) le 1er juin dernier. Neuf mois plus tard, Nicolas Lambert présidait, lundi, sa première rencontre avec la presse pour faire le point sur les résultats de l’an dernier et la poursuite de la croissance cette année, en se focalisant sur les 3 produits phares : bananes, café et chocolat. Et il n’était pas seul puisqu’il avait amené dans ses "bagages" John Nuwagaba qui dirige Ankole Coffee Producers’Cooperative Union (ACPCU), une coopérative de producteurs de café en Ouganda. Une voix du terrain et un exemple de ce que permet le système du commerce équitable (fairtrade).

La coopérative est, en réalité, la réunion de 17 coopératives plus petites, qui travaille en fairtrade depuis 2009. Elle regroupe environ 7 000 membres actifs (dont 26 % de femmes) sur un bon 2 000 ha à une altitude comprise entre 1 000 et 2 000 mètres. "Nous produisons environ 3 000 tonnes par an", explique John Nuwagaba. Avec pour les petits producteurs grâce au commerce équitable, un prix minimum garanti, qui permet d’éviter la volatilité des prix du marché, et une prime à réinvestir dans des projets liés à la productivité, l’éducation ou la santé.

Café en direct à Anvers

La coopérative prend en charge la production de ses membres jusqu’au transport au port de Mombassa, au Kenya, d’où elle est exportée par bateau. Notamment vers Anvers. Et, c’est tout nouveau, la coopérative vient d’y acheter (pas louer, elle y tient) une partie (pour l’heure) d’un entrepôt dans le cadre d’une collaboration avec van Weely, importateur néerlandais de café. Elle espère agrandir ses "quartiers" au fur et à mesure. Le but étant d’apporter le café plus près des distributeurs, acheteurs potentiels (torréfacteurs) et clients finaux. La première cargaison devrait arriver en mai, à l’issue de la récolte.

"La distance est certes élevée entre l’agriculteur ougandais, un acheteur de la grande distribution ou le consommateur belge, mais le fairtrade est constructeur de ponts, de liens, souligne Nicolas Lambert. Le lien entre clients et producteurs devient d’ailleurs de plus en plus fort : le chiffre d’affaires des produits labellisés ‘fairtrade Belgium’ vendus en 2016 dans le retail était en hausse de 23 % avec 64 % de familles (en progression de 18 %) qui consomment un produit équitable au moins une fois par an." Et une étude menée notamment par l’UCL et l’ULB démontre que les produits alimentaires responsables sont également perçus comme ayant meilleur goût.