Conjoncture

Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement revu à la hausse mardi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2018 en raison notamment d'une demande plus forte qu'attendue. Le FMI s'attend, dans ses prévisions de printemps, à une croissance de 2,4% en 2018 (+0,2 point par rapport à la dernière prévision de janvier) et de 2,0% en 2019 (inchangé par rapport à janvier).

Ces prévisions reflètent "une demande intérieure plus forte que prévue dans l'ensemble de l'union monétaire, une politique monétaire accommodante et l'amélioration des perspectives de la demande extérieure", détaille-t-il.

L'institution basée à Washington estime que cette politique monétaire favorable doit perdurer "jusqu'à ce que l'inflation augmente durablement" vers la cible de 2,0% fixée par la Banque centrale européenne (BCE).

Elle prévoit une inflation de 1,5% en 2018 et de 1,6% en 2019.

A moyen terme, le FMI reste prudent pour la zone euro et anticipe une croissance à 1,4%, en raison d'une "faible productivité, dans un contexte de faibles efforts de réformes et d'une démographie défavorable".

L'institution insiste sur la nécessité de réduire les prêts non performants ("non performing loans" ou NPL) afin "d'effacer les héritages de la crise", mais aussi de conclure l'union bancaire, qui reste pour elle "une priorité".

Le FMI constate que les réformes structurelles à ses yeux nécessaires dans la zone euro varient selon les pays, l'Espagne devant par exemple se concentrer sur le marché du travail, l'Italie sur les accords salariaux et l'Allemagne sur la déréglementation des services.

Dans le détail, l'institution rehausse sa prévision de croissance 2018 pour l'Allemagne (2,5%, +0,2 point), la France (2,1%, +0,2), l'Italie (1,5%, +0,1) et l'Espagne (2,8%, +0,4).

Hors zone euro, le Royaume-Uni, amené à quitter l'Union européenne dans un an, voit lui aussi sa perspective de croissance augmenter légèrement cette année, à 1,6% (+0,1).

La croissance britannique pourrait ensuite ralentir à 1,5% en 2019, car les investissements des entreprises devraient "demeurer faibles, compte tenu de l'incertitude accrue" liée au Brexit.

A moyen terme, le FMI anticipe pour le Royaume-Uni une croissance de 1,6%, "reflétant l'augmentation attendue des obstacles au commerce et la baisse des investissements directs étrangers à la suite du Brexit".

Le FMi relève ses prévisions de croissance pour la Belgique

Le Fonds monétaire international relève aussi ses prévisions de croissance de l'économie belge. Il table en effet sur une croissance de 1,9% du PIB cette année et de 1,7% en 2019. Précédemment, l'institution internationale prévoyait des chiffres de 1,6 et de 1,5%. Cette prévision est un peu

plus optimiste que celles de la Banque nationale de Belgique et du Bureau du plan, qui s'attendaient respectivement à une croissance de 1,7% et 1,8% cette année.

Après avoir progressé de 3,8% en 2017, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait accélérer à 3,9% cette année et l'an prochain, soit un rythme inchangé par rapport aux précédentes prévisions de janvier.