Conjoncture

Le conseil des ministres restreint ("kern") a opté pour une trajectoire budgétaire visant l'équilibre structurel en 2019 au lieu de 2018, a annoncé mercredi la ministre du Budget Sophie Wilmès, se référant à une suggestion, dans ce sens, du Conseil supérieur des Finances. La trajectoire adoptée prévoit une amélioration du solde structurel de 0,6% en 2018 et de 0,3% en 2019 pour atteindre l'équilibre.

"Depuis l'arrivée du gouvernement, notre déficit structurel se réduit significativement. Nous devrions être en dessous de 1% de déficit structurel d'ici la fin 2017", explique la ministre MR dans un communiqué.

"Si l'assainissement budgétaire est un fait et doit résolument être poursuivi, l'équilibre en 2018 ne peut pas être une fin en soi", ajoute-t-elle. A ses yeux, l'objectif d'équilibre en 2019 est "ambitieux".

"Cela nous permet de mener de front la poursuite de l'assainissement budgétaire et des réformes nécessaires au renforcement de la reprise économique et des créations d'emplois".

Les propositions de trajectoires budgétaires des différentes entités sont attendues cette semaine. Un comité de concertation est prévu le 26 avril. Le Programme de stabilité doit être déposé auprès de la Commission européenne au plus tard le 30 avril 2017.


L'opposition dénonce l'inconsistance du gouvernement fédéral

Le PS a mis en cause mercredi la politique économique et budgétaire du gouvernement fédéral, après l'annonce du report de l'équilibre budgétaire à 2019. Au nord du pays, l'opposition ne s'est pas montrée plus tendre. "La politique économique et budgétaire du gouvernement débouche sur un échec cuisant. Le choix de l'austérité n'a pu garantir ni la relance économique, ni l'assainissement des finances publiques", a fustigé le député Ahmed Laaouej (PS).

La semaine passée, les projets de privatisation partielle de Belfius, détenue par l'État, sont revenus au devant de l'actualité. "On comprend mieux les sorties du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, sur Belfius. L'opération a d'abord pour but de faire rentrer de l'argent dans les caisses pour contribuer au désendettement", a affirmé le député.

"Ce scénario était plus que prévisible au vu des difficultés budgétaires dans lesquelles le gouvernement s'est lui-même empêtré", a réagi la cheffe de groupe cdH Catherine Fonck. Les centristes appellent maintenant le gouvernement à "enfin mettre en chantier les réformes importantes pour la relance économique, maintes fois annoncées mais jamais mises en œuvre: réforme de l'impôt des sociétés, mobilisation de l'épargne ainsi que le plan national d'investissements."

L'opposition flamande a elle aussi critiqué l'inconsistance du gouvernement MR, N-VA, CD&V, Open Vld. "Avec ce gouvernement, tout allait changer. Sur le plan budgétaire, c'était surtout la N-VA qui avait lancé de grandes promesses. Elles sont maintenant définitivement abandonnées", a réagi le député Kristof Calvo (Groen). "Voilà qui est amer pour tous les citoyens qui ont contribué, facture après facture. On a économisé massivement, mais l'équilibre n'est toujours là, et c'est à peine si l'on a investi. Où est passé tout cet argent", demande-t-il.

Pour le sp.a, c'est la plus importante promesse électorale des partis du gouvernement - mettre de l'ordre dans le budget - qui s'évanouit. "Ce gouvernement est busé sur l'objectif majeur qu'il s'était lui-même fixé. De l'assainissement budgétaire, rien pour ainsi dire ne reste. Ils le savaient tous pourtant, et aujourd'hui ils doivent le reconnaître. Où est passé l'argent de la population? Le gouvernement demande des efforts aux ménages depuis deux ans déjà, mais les factures d'eau et d'électricité qui augmentent continuent de tomber dans les boîtes aux lettres", a commenté la cheffe de groupe sp.a à la Chambre Meryame Kitir. Le Vlaams Belang ne s'est pas montré plus tendre.

Le retour à l'équilibre structurel était programmé pour 2018 depuis plusieurs années, même si l'option d'un report avait déjà été évoquée par le passé, notamment dans les rangs du MR. Dans un avis au début de ce mois, le Conseil supérieur des Finances avait confirmé que 2018 restait l'échéance préconisée, mais il avait aussi ébauché une deuxième trajectoire permettant au gouvernement d'opter pour 2019.