Conjoncture

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé de ses vœux un budget de la zone euro et une mobilisation de l'épargne européenne, dans une interview au Figaro à paraître lundi.

Le responsable estime qu'il faut "amplifier (la) convergence" des économies européenne, par des réformes notamment en France et en Italie, et "un renforcement de l'Union économique".

"Il faut davantage de coordination des politiques nationales, une mobilisation de l'épargne européenne qui est très abondante - ce que j'appelle une Union de financement pour l'investissement et l'innovation-, et un budget commun de la zone euro", a-t-il détaillé.

Pour le gouverneur de la Banque de France "les Européens ont aujourd'hui une fenêtre d'opportunité économique et politique sans précédent : pour la croissance et l'emploi en Europe, c'est maintenant ou jamais".

Sur la politique monétaire, le responsable a estimé qu'après une période ayant privilégié les achats de titres par la Banque centrale européenne (BCE), "la normalisation doit se poursuivre de façon très progressive".

La réunion du conseil des gouverneurs de la BCE le 26 octobre devrait donner lieu à des annonces, même si elles ne seront pas forcément toutes faites à cette date, a indiqué M. Villeroy de Galhau.

"On ne peut, naturellement, pas préjuger de leur contenu précis. Mais l'esprit pourrait en être, compte tenu des progrès qui ont été obtenus, une réduction adaptée des achats mensuels nets de titres, tout en maintenant un stock élevé de titres détenus par la BCE, et une politique monétaire très accommodante avec l'ensemble des instruments à notre disposition".

François Villeroy de Galhau a indiqué que le niveau d'endettement des ménages et des entreprises était sous surveillance, alors que les risques de surendettement ont été soulignés par le FMI.

"En Europe, il faut maîtriser davantage la dette publique, particulièrement en France. Néanmoins nous devons également nous soucier de la croissance rapide de l'endettement des ménages et surtout des grandes entreprises, àprès de 8 % de hausse".

Le Haut Conseil de stabilité financière doit publier un diagnostic précis d'ici la fin de l'année et "si nécessaire, nous prendrons des mesures macro-prudentielles", a-t-il précisé.

En matière de réglementation bancaire, dont certaines normes ne sont toujours pas finalisées, le gouverneur de la Banque de France a à nouveau insisté pour que les futures règles soient "respectées par tous, y compris les Américains sur les activités de marché" et préservent "la capacité de financer chaque économie nationale".