Conjoncture

Le ministre wallon de l'Énergie Jean-Luc Crucke présentera bientôt au gouvernement la suppression de Qualiwatt, le régime de primes destinées à soutenir l'installation par les particuliers de panneaux photovoltaïques, a-t-il annoncé lundi en commission du parlement wallon. Le petit photovoltaïque est suffisamment rentable pour ne plus être soutenu par des moyens publics, selon le ministre.

"Par rapport au lancement de Qualiwatt en 2014, les installations photovoltaïques sont maintenant 30% moins chères et bien plus performantes qu'autrefois", a expliqué Jean-Luc Crucke (MR).

Le taux de rentabilité interne d'une installation photovoltaïque de 3 kWc recevant la prime Qualiwatt est compris entre 7,3% et 8,4%, ce qui est bien supérieur à l'objectif initial du régime (5%), a rappelé le ministre au député Edmund Stoffels (PS) qui l'interrogeait.

Dans son récent rapport, le régulateur wallon de l'énergie (CWaPE) a confirmé que les installations étaient de plus en plus rentables sans soutien, mais elle mettait aussi en garde sur l'effet psychologique d'une absence de prime pour la santé du secteur. Elle évoquait la nécessité de prendre des mesures spécifiques pour garantir la qualité des installations et de prévoir une communication adéquate.

Désormais, "les installations n'ont plus besoin de Qualiwatt et nous comptons communiquer positivement quant à la rentabilité et l'intérêt de l'investissement. Le secteur est positif: le phasing-out progressif de la prime entrainera beaucoup moins d'obligations administratives pour les installateurs, ce qui aura un effet encore plus bénéfique sur les prix des installations et sur le développement du photovoltaïque qui sera encore plus rentable", selon le ministre.

Les primes Qualiwatt avaient remplacé en 2014 le système Solwatt qui fonctionnait par l'attribution de certificats verts et avait généré un important dérapage budgétaire vu son succès et l'absence de balises suffisantes.

Actuellement, le parc Qualiwatt est constitué de 15.930 installations, représentant une puissance totale installée de plus de 90 MWc et une puissance moyenne par installation de l'ordre de 5,7 kWc. Vu que la prime Qualiwatt a été plafonnée à 3 kWc, cela signifie que les citoyens investissent plus que ce qui est subsidié, et se rendent donc compte du réel intérêt du photovoltaïque, selon le ministre.

Le député Stoffels l'a mis en garde contre une explosion des commandes dans les semaines ou les mois qu'il reste au régime Qualiwatt, ce qui pourrait entraîner un nouveau dérapage budgétaire. "Vous vous rendez compte que si j'ai choisi de sortir cette annonce aujourd'hui, c'est que je n'ai pas envie de traîner", a répondu le ministre.


Les quatre ministres de l'Energie ont finalisé le projet de Pacte énergétique

Les quatre ministres de l'Energie du pays ont finalisé un accord sur le projet de Pacte énergétique interfédéral, a annoncé lundi le ministre wallon de l'Energie Jean-Luc Crucke, en commission du parlement wallon.

M. Crucke (MR) déposera ce projet jeudi au gouvernement wallon pour approbation, a-t-il indiqué tout en réservant la primeur de ce plan à ses collègues ministres.

Ces derniers jours, des députés N-VA à la Chambre et au parlement flamand ont remis en cause l'échéance de 2025 pour éteindre l'ensemble des réacteurs nucléaires, menaçant même de bloquer le projet de Pacte énergétique via les gouvernements fédéral et flamand.

Les ministres Marie-Christine Marghem (Fédéral) et Jean-Luc Crucke (Wallonie) avaient toutefois laissé entendre qu'ils s'en tiendraient à la loi de sortie du nucléaire.

"L'accord correspond à ce que nous avons dit dès le début", s'est contenté de maintenir le ministre Crucke. "On est dans un projet qui réunit les quatre ministres, j'espère que les quatre gouvernements nous donneront leur accord sur le texte. Je ne suis pas la N-VA, et je n'ai entendu que quelques membres de la N-VA ; la réponse que j'attends maintenant est celle des gouvernements", a ajouté M. Crucke.

Le gouvernement wallon pourrait se pencher dès ce jeudi sur le projet, qui doit doter la Belgique d'une vision de la transition énergétique pour 2050. M. Crucke espère que le feu vert wallon pourra être entériné rapidement. "Le gouvernement wallon peut apporter une réponse d'espoir. Ce ne sera pas encore suffisant (puisqu'il faut l'accord des autres gouvernements, NDLR), mais ce sera aussi un signe de stabilité pour la confiance des investisseurs", selon M. Crucke.