Conjoncture A partir du mois de mai, la France intégrera la drogue dans le calcul de sa croissance. Cette décision entraînera une légère hausse du produit intérieur brut. La France emboîte donc le pas à d'autres pays européens comme les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie,... qui prennent en compte la consommation de drogue dans leur calcul depuis 2014, rapporte Le Monde.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) tiendra en compte la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur son territoire national. Cela fait suite à la demande d'Eurostat qui incite depuis plusieurs années les pays européens à intégrer le trafic de drogue et de la prostitution dans leurs statistiques. Le but est d'aligner les statistiques françaises sur celles des autres pays européens, car dans certains Etats comme les Pays-Bas, la consommation est légale alors que dans d'autres elle est illégale.

"Quelques milliards d'euros"

Les pays membres de l'Union européenne sont libres de choisir les facteurs d'estimation de leur croissance, tant qu'ils fournissent des données harmonisées à Eurostat, l'institut européen des statistiques. Pour la prostitution, il est recommandé de l'aborder sous l'angle de l'offre et de tenir compte des consommations intermédiaires comme la location d'appartements. Pour la drogue, il est conseillé de multiplier la quantité consommée par le prix moyen d'application en rue.

Ronan Mathieu, le chef de département des comptes nationaux de l'Institut, prévoit "quelques milliards d'euros" à rajouter aux 2.200 milliards d'euros du PIB français. Il est impossible de préciser ces chiffres car les pays qui prennent déjà en compte cet indicateur ne détaillent pas les revenus de ces trafics illégaux. 

L'intégration de la prostitution dans la croissance fait encore débat en France car pour Eurostat, ce sont des transactions commerciales librement consenties. Mais l'Insee a décidé que le consentement des prostituées n'était "probablement pas vérifié".

Chez nous, le trafic de drogue et de la prostitution font partie des données prises en compte dans le calcul de la croissance depuis 2014.