Conjoncture Les vignerons, les maîtres de chai et les vendangeurs sont chaque année plus nombreux en Belgique. La production atteint 1 million de bouteilles au sud du pays.

PEU LES ONT GOÛTÉS, beaucoup en entendent parler. Le secteur viticole du sud du pays est en pleine croissance, même si la diffusion des vins wallons reste confidentielle. Les appellations Côtes de Sambre et Meuse, Vins de pays des Jardins de Wallonie et Crémants de Wallonie sont méconnues de la plupart des palais de nos concitoyens. Pourquoi ? Comment devient-on viticulteur en Wallonie ? Du rouge, du blanc ou des bulles, que permettent les sols wallons ? Quel investissement pour quel retour ? Petit tour parmi les vignes et les coteaux du poumon vert de la Belgique.

1 Une production limitée. La dernière production mise en bouteille a atteint le million d’unités en Wallonie, avec de grandes disparités de volumes selon les exploitations. La majorité des 40 domaines existants sont de petites tailles, d’un à quelques dizaines d’hectares. Quelques acteurs produisent 70 à 80 % du chiffre global. "Nous suivons les circuits de petites productions. C’est une stratégie d’artisans. Nos vins sont distribués dans les restaurants, les boutiques du terroir et les épiceries fines, tandis que nous sommes également présents sur plusieurs salons", détaille Thérèse de Radzitzky, administratrice du domaine de La Mazelle, dont le vignoble couvre un hectare de terrain au nord de Chimay. Les exploitations plus étendues ne fonctionnent pas différemment, ou du moins pas tellement. Face à un marché acquis de longue date aux produits de l’Hexagone, les vignes wallonnes visent la qualité. "Comment être rentable ? En gardant le rapport qualité-prix", prévient Raymond Leroy, fondateur du vignoble des Agaises. L’exploitation, qui s’étend aujourd’hui sur 29 hectares aux environs de Binche, élabore le Ruffus, un vin effervescent primé à plusieurs reprises, et encore récemment, devant des flacons beaucoup plus onéreux. "Les produits de Champagne de même qualité sont beaucoup plus chers que le nôtre. Et l’opportunité à saisir, je ne le savais pas en débutant, c’est qu’à prix identique, un Belge achète belge", complète celui qui est l’un des pionniers du vin wallon.