Conjoncture Interview choc de M. Prot, l’ex-patron de la banque française.

C’est une interview sans langue de bois que Baudouin Prot, l’ex-patron de BNP Paribas (qui avait racheté Fortis en 2009), a donnée au "Figaro" à l’occasion des dix ans de la crise bancaire (1). Revenant sur la recapitalisation des banques tricolores par l’Etat français, il "reconnaît que les difficultés étaient à ce moment-là peut-être un peu plus aiguës pour BNP Paribas que pour d’autres".

Dans le contexte de chasse à la liquidité et aux ressources stables "la meilleure chose à faire c’était l’acquisition de Fortis qui nous apportait une bonne louche - 100 milliards d’euros - de dépôts très stables", explique-t-il.

Pour expliquer la chute des banques, Baudouin Prot évoque… la vanité et l’incompétence des êtres humains. Le cas Fortis "est une illustration parfaite de l’hubris (NdlR: démesure) des envolées d’avant la crise", affirme le banquier français, se référant au rachat de la banque néerlandaise ABN Amro pour 72 milliards d’euros par le trio composé par RBS, Santander et Fortis. "C’est une opération qui en dit tellement long. On parle d’une banque systémique, coupée en trois ! Comment les régulateurs ont-ils pu accepter cela ?", s’interroge Baudouin Prot. Seule la banque espagnole Santander s’en est sortie, grâce, selon lui, à son ex-patron emblématique, Emilio Botin.AvC

(1) Une série d’articles sur les dix ans de la crise paraîtra dans "La Libre" à partir de ce samedi.