Conjoncture Le salaire moyen des plus de 50 ans qui changent de boulot est inférieur de 11 % chez le nouvel employeur.

On pense toujours qu’il n’y a que les jeunes qui sont mobiles et changent de travail. C’est faux ", note Benoît Caufriez, business manager d’Acerta Consult, sur base des résultats d’une étude réalisée par le spécialiste en ressources humaines, dont "La Libre" a pu prendre connaissance en primeur. Suivent les données recueillies auprès de 40 000 employeurs du secteur privé, Acerta constate que 11 % des employés qui ont démissionné ces dernières années en Belgique ont plus de 50 ans. C’est 50 % de plus qu’il y a cinq ans.

"Cela s’explique surtout par l’allongement de la durée des carrières. Avant nombreux étaient ceux qui prenaient leur pension à 58 ans. Ceux qui ont 50 ans aujourd’hui devront travailler jusqu’à 65-67 ans. Ce qui veut dire qu’ils seront encore actifs pendant 15 à 17 ans. Si certains éléments ne leur conviennent plus chez leur employeur actuel, cela vaut encore la peine de changer pour être heureux dans son travail. Les 50 et plus d’aujourd’hui, ce sont un peu les 40 et plus d’avant."

Une plus-value

Et si le quinquagénaire quitte son employeur, ce n’est pas nécessairement pour gagner plus. Au contraire même. Les chiffres montrent que chez les plus de 50 ans, le salaire moyen au moment d’une embauche est inférieur de 11 % au salaire moyen de départ. Chez les moins de 30 ans, il est supérieur de 18 %.

"Il s’agit de salaires moyens. Cela veut dire que certains travailleurs vont quitter leur emploi pour gagner moins, mais d’autres aussi pour gagner plus. Précisons aussi qu’on parle du salaire et non des avantages. Un travailleur gagnera peut-être moins d’argent mais préférera avoir plus de jours de congé", estime Benoît Caufriez, qui constate aussi que "les augmentations de salaires liées à l’âge ne sont plus aussi linéaires qu’auparavant. Le salaire progresse toujours avec l’âge mais de moins en mois. C’est sa plus-value qui va permettre au travailleur de négocier son salaire chez son nouvel employeur et non plus son âge. Celui-ci peut d’ailleurs lui proposer autre chose, comme un plan cafétéria, des formations… Et il doit d’ailleurs le faire pour attirer ces talents. A 50 ans, les travailleurs ont l’expérience, la maturité et les connaissances, et sont très appréciés. L’employeur doit développer d’autres solutions pour être attractif et offrir ainsi l’image d’une entreprise dynamique soucieuse du bien-être de ses collaborateurs". Solange Berger