Conjoncture

La chancelière allemande se présente aux électeurs avec un bilan économique plutôt positif : retour de croissance et chômage au plancher. Mais il reste des défis à relever pour consolider ces acquis : soutenir la consommation et stimuler les investissements. Angela Merkel est-elle toujours la femme de la situation?


Hier, la crise et le chaos européen

On ne s’en souvient peut-être pas, mais au début de ce millénaire, la situation de l’Allemagne n’était guère brillante. Lorsqu’Angela Merkel a pris les rênes du pouvoir en 2005, le taux de chômage allemand était supérieur à 10 % et déjà la croissance s’essoufflait.

Comme le fait remarquer Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’Iris, un think tank français indépendant, en se penchant sur le bilan des années Merkel : "La chancelière a dû faire face au réveil de la Russie qui compliqua les relations entre ce pays et les Européens, à la crise économique de 2008 qui déboucha sur l’une des plus graves crises de l’Union européenne menaçant la survie même de l’euro, et à la montée des populismes partout dans le monde et surtout en Europe alors que les Britanniques décidaient de quitter l’Union européenne."

Ce fut aussi une période où l’Allemagne est entrée en conflit frontal avec la Banque centrale européenne, notamment lorsque Mario Draghi en devint le président alors que Berlin voyait un Allemand à sa place. "Depuis le début des années 2000, l’Allemagne faisait face à une croissance atone, une stagnation des salaires et un fort chômage. Elle affichait un déficit public inquiétant ne respectant pas le fameux pacte de stabilité, qui fut pourtant une condition sine qua non imposée par ce pays pour accepter la mise en place de la monnaie unique…", poursuit Sylvie Martelly. Témoin flagrant de cette faiblesse, en 2009, l’emblématique Deutsche Bank est mise à mal.