Conjoncture Le président français Emmanuel Macron a reçu vendredi à l'Elysée le président du Parlement européen Antonio Tajani. Les deux hommes ont abordé divers sujets dont celui, brûlant, de la défense commerciale de l'Union européenne. Brûlant car la lutte contre le dumping, principalement chinois, dans le secteur industriel est plus que jamais d'actualité. La Commission et le Parlement européens ne sont pas sur la même longueur d'ondes quant aux dispositions à prendre pour combattre ce fléau.

La Commission a émis des propositions pour réformer les règles anti-dumping de l'Europe mais elles sont jugées insuffisantes par le Parlement et son président. Un des points d'achoppement, c'est le fait que la Commission prévoit que la charge de la preuve de dumping soit mise sur les épaules de l'Union européenne, afin de ne pas contrevenir aux règles de l'Organisation mondiale du commerce. Le Parlement, tout comme les représentants de l'industrie européenne, estiment que cette disposition n'a pas lieu d'être. Des discussions en trilogue (Parlement, Conseil et Commission européens) sur cette révision des règles anti-dumping sont en cours. Elles devraient aboutir début octobre mais Antonio Tajani menace de renvoyer le vote si aucun consensus n'est trouvé.

Antonio Tajani semble avoir trouvé un allié en la personne d'Emmanuel Macron. Les deux hommes, le premier ancien commissaire à l'Industrie et le second ex-ministre de la même matière, sont sur la même longueur d'ondes. "Sur le sujet de la lutte contre le dumping, nous sommes en pleine communauté de vue. La France oeuvrera pour que nous puissions, le plus rapidement possible, avoir un accord ambitieux sur la modernisation de nos instruments commerciaux et la défense de notre industrie", a déclaré le président français lors de la conférence de presse faisant suite à leur rencontre.
"Nous voulons une concurrence loyale, défendre le savoir-faire européen, une Europe qui protège ses citoyens. Nous devons donc renforcer nos instruments anti-dumping. Ils doivent être plus dissuasifs et donner une réponse efficace à la concurrence déloyale de la part de pays tiers", a souligné Antonio Tajani à ce même point presse.