Conjoncture En matière de grand messe économique, on a rarement fait mieux que le "World Economic Forum" (WEF) de Davos en Suisse. 

Chaque hiver depuis 48 ans, les grands du monde économique, mais pas seulement, se rendent dans cette station de ski huppée des Alpes suisses afin d'échanger, souvent sous forme de conférences, parfois sous forme de rencontres bilatérales, sur les grands sujets économiques du moment. 3000 personnes sont attendues cette année parmi lesquelles Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU, Roberto Azevedo, le Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce et Christine Lagarde, présidente du Fonds monétaire international. 
Mais d'autres personnalités politiques de premier plan sont également attendues à Davos.

Emmanuel Macron présent pour la première fois... en tant que président

Élu président de la République en mai dernier, Emmanuel Macron sera pour la première fois en tant que président au WEF. Selon les observateurs, son objectif sera celui du "choose France" (choisissez la France). Un message destiné aux investisseurs étrangers potentiellement déboussolés par le Brexit. Le président français n'a d'ailleurs pas attendu Davos pour entamer ses appels du pieds plus ou moins insistants. Macron organisait ce lundi un "sommet d'attractivité" à Versailles où 140 dirigeants de multinationales étaient invités. Le gratin de l'économie mondiale... avant le dessert à Davos ? Celui qui était déjà venu en 2016 en tant que ministre de l'Economie de François Hollande prononcera un discours mercredi de 17h30 à 18h15.

Peu avant le président français, c'est la chancelière allemande, Angela Merkel qui montera à la tribune mercredi. Son porte-parole a confirmé sa participation bien que l'actualité politique allemande soit très agitée avec la mise en place progressive du nouveau gouvernement. "Il est important de prendre position sur l'avenir de l'Europe, qui sera au centre des discussions du WEF cette année", a indiqué vendredi à la presse Steffen Seibert, porte-parole d'Angela Merkel. En revanche, aucune rencontre n'est prévue avec Donald Trump annoncé lui pour vendredi.

Donald Trump viendra défendre son programme économique

"America First", le slogan de Donald Trump s'est transformé en programme économique depuis son accession à la Maison Blanche il y a tout juste un an. Et la présence du président Trump sera du même tonneau a prévenu son porte-parole. "Lors du Forum de cette année, le président a hâte de promouvoir ses politiques pour renforcer les entreprises américaines, les industries américaines, les travailleurs américains." Une rencontre avec Theresa May, la Première ministre britannique est d'ores et déjà au programme de Donald Trump. Cette participation américaine au WEF est, en soi, un mini-événement puisqu'on n'y avait plus vu un président américain depuis janvier 2000, et un discours empreint de modestie comme s'en souvient le Figaro : "l'Amérique se positionne comme la seule nation indispensable au monde", déclarait alors Bill Clinton.

Une dernière incertitude entoure cependant le voyage du président Trump : la situation budgétaire fédérale des Etats-Unis. Plusieurs administrations fédérales sont au chômage technique depuis ce week-end suite à l'absence d'accord sur le budget entre républicains et démocrates au Sénat américain. "Concernant Davos (...) nous examinons la situation au jour le jour", déclarait samedi le directeur du budget à la Maison Blanche qui n'exclut pas une absence de dernière minute de Trump en Suisse.

Le G7 bien représenté

Si Trump prévoit de vanter ses choix économiques, plutôt favorables aux entreprises, le discours devrait être différent du côté de son voisin du Nord. Justin Trudeau, le premier ministre canadien qui participera à son deuxième Forum économique mondial depuis son entrée en fonction, a annoncé s'y rendre "pour la classe moyenne". Et bien qu'on ne rencontre pas forcément le citoyen du monde "moyen" à Davos, Trudeau n'y voit aucune incohérence. "L’objectif d’aller rencontrer ces gens influents, c’est justement de tirer des bénéfices pour la classe moyenne. Si une compagnie annonce qu’elle va ouvrir une usine ou son siège social au Canada, ça veut dire des opportunités d’emplois pour les Canadiens de la classe moyenne", explique-t-on à son bureau.

Avec Angela Merkel, Emmanuel Macron, Donald Trump, Theresa May, Justin Trudeau mais aussi Paolo Gentiloni, le président du Conseil italien, le G7 sera bien représenté à Davos. Le seul absent de ce "Groupe des sept" sera le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Juncker à Davos pour la première fois depuis 21 ans

Que ce soit en tant que Premier ministre du Luxembourg, ou président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker n'est pas un habitué du WEF. Les archives nous rappellent qu'il n'y a plus mis les pieds depuis 1997. Côté suisse, on espérait que cette venue permette une rencontre avec Alain Berset, le tout frais président de la Confédération helvétique... raté. "La Commission a fait savoir vendredi que le Luxembourgeois ne serait pas disponible pour cela", détaille le quotidien suisse Le temps. Sur la seule journée qu'a prévu de passer Juncker à Davos, deux rendez-vous sont prévus : l'un avec l’entrepreneur et philanthrope américain Bill Gates et l'autre avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.

Le successeur de Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel a confirmé sa présence pour la quatrième fois en cinq ans. Enfin, côté belge, Charles Michel sera lui aussi présent à Davos ces mercredi et jeudi. Depuis son entrée en fonction en 2014, Charles Michel n'a raté que l'édition 2016 du Forum économique mondial. Pour l'occasion, comme en 2017, notre Premier ministre sera accompagné du roi Philippe.

Les cryptomonnaies, un absent... impossible à inviter

Le Forum économique mondial de Davos pourra difficilement éviter le sujet épineux de ces derniers mois : l'émergence partout dans le monde des cryptomonnaies telles que le Bitcoin. Et pourtant, la monnaie étant dématérialisée et contrôlée par personne ni aucune institution, impossible de convier au débat le moindre responsable de cette monnaie...