Conjoncture La fréquentation des artères est plutôt bonne. Tout dépend des quartiers.

Les craintes après le lockdown et les attentats étaient légitimes : la fréquentation des artères commerçantes de la capitale, et plus particulièrement de son centre, aurait pu souffrir. Or, il n’en est rien, comme le révèle le baromètre d’Atrium. brussels, l’Agence régionale du commerce. La rue Neuve reste l’artère numéro 1 dans la capitale, avec quelque 46 586 piétons comptés par jour, soit plus de 14 millions par an. Le top 5 des artères reste inchangé. Et cette année, la chaussée de Gand au cœur de Molenbeek fait même son apparition comme 6e artère régionale la plus fréquentée. Si l’on classe les quartiers en comptant leur point de comptage le plus fort, la rue Neuve devance le haut de la ville, les boulevards centraux, la Grand-Place et Molenbeek-centre.

"On aurait pu craindre la bérézina. Ce ne fut pas le cas", note Julien Bacq, directeur retail et développement de l’Agence régionale du commerce. "Mais le centre a néanmoins enregistré quelques difficultés, avec une baisse en 2016 mais une reprise par après. Nous tenons compte d’une évolution structurelle sur cinq ans, pour avoir des tendances à moyen terme, même si l’évolution annuelle peut constituer un bon signal. Cinq ans, c’est la bonne échelle pour voir comment un quartier se comporte."

Paramètres locaux

Les facteurs qui influencent la fréquentation d’une artère commerçante sont nombreux. "Les paramètres locaux surtout, plus que les données macroéconomiques", note Julien Bacq qui en souligne deux importants : les chantiers et les commerces eux-mêmes, leur mixité, leur rotation…

Mais un chantier fini et réussi peut avoir un impact positif à terme. C’est le cas par exemple de l’avenue Brugmann et du quartier Vanderkindere dont la fréquentation a baissé en 2015 à cause des travaux pour repartir à la hausse après la fin de ceux-ci. Elle a également bénéficié d’un renforcement de l’offre commerciale avec l’apparition de nouveaux concepts. Ce sont sans doute les chantiers en cours qui affectent la chaussée d’Ixelles et la chaussée d’Alsemberg. Et du côté de la rue Antoine Dansaert (- 6 %) le départ de Buffalo et Zadig et Voltaire ont fait craindre un sentiment de rotation important, malgré l’arrivée de nouvelles enseignes, comme K-Way. "Les commerçants nous disent que la rue souffre en outre de la mauvaise presse du piétonnier et d’une image écornée de Bruxelles post-attentats, sa clientèle venant en grande partie de la province", explique Julien Bacq qui souligne l’influence positive que la rue a eue depuis dix ans sur le dynamisme de tout le quartier. "Ce dynamisme s’est réparti différemment aujourd’hui."

Publics et privés

L’impact de ces facteurs est une bonne chose, selon Julien Bacq. "Cela veut dire que le succès ou l’échec d’un quartier commerçant n’est pas dû à la fatalité. On peut influer sur les facteurs pour enclencher une dynamique. Les pouvoirs publics peuvent ainsi prévoir - même si cela ne plaît pas toujours aux commerçants au moment même - de bons investissements sur la voie publique qui porteront leurs fruits plus tard. A condition qu’ils ne s’éternisent pas bien sûr… Et les commerçants peuvent aussi investir de leur côté, individuellement ou collectivement, notamment via des associations de quartier pour créer quelque chose ensemble. Quand les bons ingrédients sont réunis, cela marche."

Le site analytics.brussels sera accessible au public dès lundi.

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