Conjoncture

Cecilia Malmström, la commissaire européenne au Commerce, s'est exprimée mardi au sujet de l'annonce de délocalisation hors des Etats-Unis d'une partie de la production des motos Harley-Davidson, afin d'échapper aux tarifs douaniers sur des produits made in USA instaurés par l'Union européenne.

"Il était clair pour l'administration américaine que s'ils imposaient (à l'Union européenne) des droits de douane sur l'aluminium et l'acier, nous les considérerions comme illégaux et non conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et qu'il y aurait des conséquences", à commencer par des mesures de rétorsion sur certains produits américains, a déclaré Cecilia Malmström lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Mettre la pression sur Washington

"Et, oui, bien sûr que les conséquences sont que les entreprises et les consommateurs américains - que nous ne voulons pas punir, mais c'est une conséquence malheureuse - vont réagir et mettre la pression sur l'administration américaine pour dire : 'Hey, attendez une minute, ce n'est pas bon pour l'économie américaine'. Et c'est ce qui se passe", a-t-elle ajouté.

Le constructeur emblématique de motos américaines Harley-Davidson a fait savoir lundi qu'il allait délocaliser une partie de sa production, déplorant que les taxes douanières soient passées de 6% à 31% sur ses produits entrant sur le marché européen, ce qui renchérit le prix au détail de chaque véhicule de 2.200 dollars. Les motos destinées à l'exportation en Europe seront désormais fabriquées dans ses usines brésilienne,indienne et thaïlandaise.

Le groupe vend quelque 40.000 motos par an en Europe, son deuxième marché après les Etats-Unis.

Depuis le 22 juin, l'Union a frappé une série de produits typiquement américains de droits de douane de 25%, des mesures de rétorsion après les taxes infligées par l'administration Trump sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) européens.

Plainte à l'OMC contre les Etats-Unis et mesures de sauvegarde

Les Européens ont par ailleurs déposé une plainte devant l'OMC et envisagent, selon la commissaire au Commerce, la mise en place de mesures provisoires dites "de sauvegarde" dès la "mi-juillet" pour protéger la sidérurgie européenne de la production étrangère qui ne trouverait plus de débouchés aux Etats-Unis.

"Depuis qu'ils nous ont imposé des tarifs, il n'y a pas de dialogue (avec les Etats-Unis) à ce sujet", a affirmé la commissaire suédoise.

"Les discussions que nous avons (...) dans le domaine commercial, c'est le dialogue qui est en cours entre les États-Unis, le Japon et l'UE sur la réforme de l'OMC", a-t-elle précisé.