Conjoncture Les ministres européens de l'Agriculture se sont réunis ce mardi à Bruxelles afin de tirer les leçons de la crise des œufs contaminés au fipronil. Cette crise, qui avait éclaté cet été au départ de la Belgique et des Pays-Bas, a finalement touché presque tous les Etats membres de l'Union européenne. Le manque de communication entre les différents pays a suscité bien des interrogations. Alors, plusieurs ministres, dont le belge Denis Ducarme (MR), ont fait des propositions en vue d’améliorer la coopération, les échanges d’informations entre les Etats membres et de fournir une qualité sanitaire renforcée aux consommateurs.

Voici celles formulées par la Belgique ce mardi.

  • Un échange d’informations clarifié pour améliorer les procédures opérationnelles, les critères de notification en cas de crise ou d’incident, ainsi que l’établissement d'une approche intégrée des différents systèmes d’alerte nationaux.
  • La coordination de la gestion des risques. Le ministre Ducarme a défendu la création d’un poste de "Food Safety Officer", qui jouerait le rôle de contact fiable entre les Etats membres en matière de crises ou d’incidents liés à la sécurité alimentaire.
  • La coordination de l’évaluation des risques. La Belgique plaide pour l’harmonisation de l’approche en matière de risques entre les Etats membres et le renforcement du rôle de l’Autorité européenne de sécurité des aliments en cas de crise.

Denis Ducarme a également insisté sur la nécessité, dans le cadre d’un marché ouvert, de mettre en place un monitoring global et de garantir la traçabilité des produits lié à la filière œufs. Il a encore signalé que " le système d’autocontrôle belge a permis de détecter l’ampleur de la fraude internationale relative au fipronil. Il doit être être étendu au niveau européen". Sur ce point, le ministre belge de l'Agriculture a reçu le soutien de la Commission européenne.


A l'issue de cette conférence ministérielle, le ministre a souligné que "de grands pas en avant ont été faits. Il y a des avancées solides, même si j'espère qu'on ira encore plus loin". Denis Ducarme ajoute : "Nous avons des accords de principe sur nos propositions, même s'il n'a pas été facile de débloquer les réticences de certains Etats au sujet de la création du "Food Safety Officer". Je n'ai pas obtenu satisfaction sur la traçabilité et ce alors qu'il reste encore, pas en Belgique mais sur le marché européen, des produits transformés contenant des œufs contaminés qui doivent être retirés".

L'Europe a notamment décidé que la communication de crise devait être améliorée via une coordination en amont entre Etats membres et Commission. Elle recommande l'usage de la presse et des réseaux sociaux pour avertir rapidement et clairement le grand public. Elle envisage aussi la désignation d'un interlocuteur par pays pour les agences européennes de la Sécurité alimentaire, afin d'améliorer l'échange d'informations.

Un premier point sur l'implémentation de ces mesures qui font consensus sera fait dans quinze jours.