Conjoncture

Alors que vendredi, la Commission européenne va faire sa proposition de budget pour la Politique agricole commune (PAC) 2021-2027, dont le budget pourrait être raboté de 15%, les eurodéputés ont adopté ce mercredi, par 468 voix pour, 123 contre et 89 abstentions, leurs priorités pour la réforme de la PAC après 2020.

Cette résolution est non contraignante. Elle ne servira au mieux que d'aiguillon pour la Commission européenne quand il s'agira pour elle de légiférer. La plupart des propositions qu'elle contient ne datent pas d'hier.

Qu'ont décidé les parlementaires européens ?

Pour eux, un impératif : le budget de la PAC doit être maintenu. Mais, Brexit oblige, il y a peu de chances que la Commission accède à ce desiderata.

Les eurodéputés veulent laisser plus de flexibilité aux Etats membres pour gérer, selon leurs besoins, leurs budgets et leurs politiques agricoles, tout en rejetant l'idée d'une renationalisation de la politique agricole européenne qui pourrait "fausser la concurrence sur le marché unique".

La PAC devra aussi encourager l'innovation, la recherche, l'économie circulaire et les pratiques agricoles intelligentes.

Le Parlement souhaite que les paiements directs aux agriculteurs continuent d'être financés entièrement par l'Europe.

Il veut aussi qu'on donne moins d'argent pour les grandes exploitations agricoles et s'oppose à la réduction de 25% du budget du développement rural qu'a proposé la Commission début mai.

Les eurodéputés plaident pour un soutien aux jeunes agriculteurs, à ceux touchés par la crise agricole.

Enfin, ils refusent que des subventions agricoles européennes soient utilisées pour l'élevage des taureaux destinés à la tauromachie.