Conjoncture

Berlin est la grande exception parmi les capitales européennes : alors que les autres pays dépendent grandement de la force économique de leur métropole, en Allemagne le contraire est vrai. Sans Berlin, le Produit intérieur brut (PIB) allemand par tête d’habitant serait même plus élevé.

S’appuyant sur des chiffres d’Eurostat valant pour 2014, l’institut économique patronal IW de Cologne a calculé le poids économique des capitales européennes dans le PIB national par habitant. A part Berlin, toutes ont un apport positif. Cela vaut surtout pour les pays centralistes, où les grands groupes industriels et des services ont leur siège et unités de production dans la capitale. L’effet est le plus sensible en Grèce : le PIB par habitant grec serait de 20 % inférieur, si l’on retranchait Athènes. Un tiers des Grecs vivent dans la capitale. Et dans l’agglomération de l’Attique autour d’Athènes sont implantées la plupart des entreprises, surtout dans le port du Pirée.

Bruxelles, un apport moins prononcé

En France, le PIB par habitant baisserait de 15 % sans Paris, siège des grandes sociétés et de l’administration et aimant touristique : en 2015 Paris a accueilli vingt-deux millions de visiteurs. L’Ile-de-France est la principale région industrielle du pays. En République tchèque, la prospérité dépend aussi grandement de Prague : si l’on excluait la capitale, le PIB par habitant diminuerait de 14 %. Prague profite de la présence de nombreuses entreprises et de l’essor du tourisme.

Au Portugal, où Lisbonne attire les services et le tourisme, le PIB par habitant reculerait également de 14 %. Londres est avec New York le plus grand centre financier du monde : dans l’agglomération environ 360 000 personnes travaillent dans le secteur financier. Londres contribue pour près d’un quart au PIB britannique. Si l’on fait abstraction de la capitale, le PIB par habitant baisserait de 11 %.

Dans les pays à structure fédérale, le poids économique de la capitale est moins prononcé : ainsi, en Belgique, sans Bruxelles le PIB par habitant diminuerait de 9 %. Cela vaut encore plus pour l’Espagne (-6 %), où la Catalogne avec Barcelone est la région économique la plus prospère du pays. En Autriche (-6 %) Vienne a de puissantes rivales comme Graz et Innsbruck. Aux Pays-Bas Amsterdam (-5 %) domine peu l’économie nationale. En Italie Rome (-2 %) est économiquement peu compétitive face à Milan.

Un chômage qui reste élevé

Reste Berlin : capitale effective de l’Allemagne réunifiée depuis le déménagement du gouvernement fédéral en 1999, elle a un effet économique négatif. En excluant Berlin, le PIB par habitant augmenterait de 0,2 %. La capitale ne contribue que pour 4 % au PIB allemand. Aucune des 30 entreprises du Dax n’a son siège à Berlin. En juillet le chômage était le plus élevé dans la capitale (9,5 %), à opposer à 3,3 % en Bavière. Berlin souffre de son passé : pendant la guerre froide, des subventions avaient attiré à Berlin-Ouest des entreprises industrielles, qui ont quitté après la réunification. Seul le tourisme est florissant.