Conjoncture L’Observatoire des prix a planché sur les causes de la surinflation en Belgique.

Entre 2008 et 2016, l’inflation totale en Belgique s’élevait en moyenne à 1,5 % contre 1,1 % dans nos principaux pays voisins. Ainsi, la différence d’inflation totale cumulée a atteint 3,6 points de pourcentage, ce qui est dû pour 45 % à l’évolution défavorable des prix des services en Belgique." Ce n’est pas la conclusion mais bien le constat de départ qui a conduit l’Observatoire des prix à mener son enquête sur les causes de ce qu’on pourrait appeler la "surinflation à la belge".

Au fil de la période analysée, la Belgique affiche un taux d’inflation toujours plus élevé que ses voisins directs, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Une constante, régulièrement dénoncée par la Banque nationale notamment et qui a conduit le ministre de l’Economie, Kris Peeters, à solliciter une enquête de la part de l’administration.

"Vu la part qu’il représente dans l’évolution de l’inflation, nous nous sommes donc focalisés sur le secteur des services, explique Peter Van Herreweghe de l’Observatoire. Et nous avons rapidement constaté que les restaurants et cafés sont à l’origine de 39 % de cette évolution. Leur inflation spécifique est de 2,9 % contre 1,9 % pour le panel de référence. Et ce poids est d’autant plus conséquent que ce secteur représente 15 % du panier des service s." En cause, des marges très basses dans un secteur très concurrentiel et des coûts (de personnel notamment) en hausse. Cela se traduit par une hausse des prix de vente. Et ce n’est pas un hasard si une "surchauffe" intervient depuis 2016, année de l’apparition de la "caisse blanche".

"Easy Switch"

Autre secteur épinglé : les télécoms. "La situation est différente car dans ce cas-ci, on note une baisse de prix des services mais ce recul est nettement plus lent que dans les pays voisins : en 8 ans, ils ont baissé en moyenne annuelle de -0,8 % en Belgique et de -2,4 % à l’étranger", souligne l’expert. En cause ici, principalement les "offres conjointes", les packages pour lesquels la concurrence joue moins en raison de la disparité des offres (débit, nombre de chaînes télé…).

Cela incite le ministre à plaider pour plus de transparence, à se montrer probablement plus vigilant pour l’ensemble des secteurs concernés et à promouvoir l’"Easy Switch" qui, via un arrêté royal attendu en juillet, devra faciliter la tâche du consommateur qui souhaite changer d’opérateur télécoms, comme on l’a fait pour le gaz et l’électricité.