Conjoncture

La réduction réelle des frais salariaux pour les employeurs due au tax shift varie entre 0,84% et 1,91%, estime vendredi le prestataire de services en ressources humaines Acerta. Jusqu'au début de 2016, les employeurs devaient payer pour pratiquement tous leurs travailleurs au moins 32,4% de cotisations patronales de base à l'ONSS en plus du salaire brut. Dans le cadre du tax shift, la décision avait été prise de baisser ce taux de cotisation, entraînant par conséquent une diminution globale des frais salariaux.

Une première baisse était entrée en vigueur le 1er avril 2016 et avait limité les payements à 30% de cotisations patronales. Une nouvelle diminution était prévue à partir du 1er janvier 2018 avec un nouveau taux de cotisations patronales s'élevant alors à 25%, détaille Acerta.

Si les cotisations de sécurité sociale de base pour les employeurs du secteur marchand et pour certaines organisations du secteur non marchand sont bien réduites de 5% depuis le 1er janvier 2018, "cela ne signifie néanmoins pas que la réduction des frais salariaux réels corresponde à ce pourcentage", analyse le juriste d'Acerta, Olivier Marcq.

La raison de cette différence entre la diminution annoncée et la réalité s'explique par le fait que la réforme des réductions de cotisations structurelles, également entrée en vigueur au 1er janvier 2018, annule en partie la baisse des cotisations de base. Le résultat étant que les cotisations ONSS finalement dues dépendent fortement du niveau de salaire soumis aux cotisations ONSS et que la situation profite surtout aux employeurs qui occupent des travailleurs à bas salaire, analyse le prestataire de services RH.

Au vu du contexte international, Acerta plaide désormais pour que les cotisations soient aussi réduites pour les hauts salaires.

"La Belgique ambitionne d'aligner ses frais salariaux sur ceux des Pays-Bas, de la France et de l'Allemagne, nos principaux partenaires commerciaux. Dans ce contexte international, il serait logique de diminuer davantage les cotisations de sécurité sociale pour les travailleurs à haut salaire ou d'introduire un plafond salarial pour le calcul des cotisations", conclut M. Marcq.