Conjoncture

Le Belge a en moyenne perdu 1,73% de pouvoir d'achat réel sur la période 2016-2017, ressort-il du baromètre socio-économique 2018 de la FGTB diffusé mercredi. Le syndicat socialiste entend ainsi contredire le discours du gouvernement Michel, qui s'enorgueillit des bonnes performances des indicateurs socio-économiques. Les données de la FGTB sont issues du dernier Benchmarking Working Europe de l'Institut européen des syndicats (Etui). Selon ces statistiques, la Belgique fait ainsi moins bien que la France (+0,85%), l'Allemagne (+2,22) ou encore les Pays-Bas (+2,91%).

Le baromètre de la FGTB tord également le cou au cliché selon lequel le travailleur belge est plus cher que ses homologues limitrophes. Selon les chiffres du Conseil central de l'économie que le syndicat relaie, un salarié belge a un rendement de 51,5 euros par heure travaillée, contre 45,9 euros pour ceux des pays voisins. Son coût salarial horaire s'établit à 37,5 euros contre 33,3 euros dans les pays frontaliers. Il en ressort dès lors que si le Belge est effectivement plus cher de 12,6%, il est également 12,2% plus productif.

Enfin, la FGTB dénonce le fait que la part des revenus destinée aux salaires est en recul quasi constant depuis 20 ans au détriment de la part consacrée au capital.

"Le pouvoir d'achat est victime de la politique du gouvernement Michel", fustige Robert Vertenueil, président de la FGTB, en citant les mesures ayant provoqué ce constat: saut d'index, nouvelle loi salariale, ou encore augmentation de la TVA. Le leader syndical a également déploré la fiscalité "injuste" toujours en vigueur, et l'incapacité de l'exécutif fédéral à réduire drastiquement l'écart salarial entre hommes et femmes.