Conjoncture

Le gouvernement wallon a approuvé jeudi le dernier mécanisme de temporisation des certificats verts (C.V.) que le gouvernement précédent avait imaginé pour éviter une augmentation brutale de la facture d'électricité des ménages et des entreprises. Le MR se voit ainsi contraint d'adopter une courbe rentrante par rapport ses critiques du système. Le ministre Crucke fait valoir son sens du légalisme et l'urgence à agir. Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, qui est contraint de racheter à prix fixe chaque C.V. n'ayant pas trouvé acquéreur sur le marché de l'électricité, avait demandé l'autorisation de répercuter davantage cette surcharge sur la facture d'électricité des ménages et entreprises.

L'impact aurait été d'une quarantaine d'euros par an et par ménage, en moyenne. A moins, avait dit la CREG (le régulateur fédéral du marché de l'électricité), que le gouvernement wallon ne trouve une solution avant le 1er octobre prochain.

Ces derniers mois, les ministres de l'Énergie Paul Furlan puis Christophe Lacroix (tous deux PS) ont donc élaboré un système de temporisation: la Wallonie, via l'Agence wallonne de l'air et du climat, rachètera chaque année des volumes de certificats verts qu'elle remettra progressivement sur le marché dans quelques années, soulageant ainsi Elia.

Alors députés d'opposition, Jean-Luc Crucke et Pierre-Yves Jeholet avaient vivement critiqué ce mécanisme, qui confirmait à leurs yeux le dérapage du subventionnement de l'électricité verte et ne faisait que reporter la dette sur une génération ultérieure. Les réformateurs avaient voté contre le décret, lorsqu'il était passé au parlement fin juin dernier.

Mardi, devenus ministres, tous deux ont approuvé une note et un projet d'arrêté confirmant ce mécanisme. "Il faut être légaliste", a commenté M. Crucke, rappelant le vote du parlement. En outre, "le temps est compté: la date limite est le 1er octobre, sans quoi les entreprises et les citoyens seront touchés".

Le ministre MR insiste sur la nécessité d'évaluer le système. "Ici, si l'on reporte la dette, c'est dans l'espoir que le glissement des certificats verts vers le marché puisse se faire de manière plus naturelle à l'avenir. On évaluera l'ensemble avec les acteurs du dossier, cela prendra un peu de temps."