Conjoncture Les ministres européens du Commerce redoutent que la proposition commerciale de l'Union européenne pour dissuader Donald Trump de lui appliquer des droits de douane punitifs sur l'acier et l'aluminium reste "insuffisante", au moment où Washington vient de s'entendre avec Pékin. "Je crois que (les Etats-Unis) estiment que ce n'est pas assez", a prévenu la commissaire au Commerce Cecilia Malmström mardi, à son arrivée à une réunion ministérielle à Bruxelles.

"Les choses ne sont pas encore clarifiés et le délai expire le 1er juin", a-t-elle rappelé.

Les dirigeants européens se sont mis d'accord la semaine passée lors d'un sommet à Sofia sur ce qu'ils sont prêts à mettre sur la table pour échapper aux taxes douanières de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium, annoncées en mars par Donald Trump et dont ils ne sont provisoirement exemptés que jusqu'au 1er juin.

Ils jugeaient hors de question de négocier "avec un pistolet sur la tempe". Ils se disent désormais prêts à discuter, en cas d'exemption définitive, d'un accord commercial "restreint" avec les Etats-Unis. Il comprendrait l'ouverture des marchés publics européens aux entreprises américaines, l'abaissement des droits de douane sur des produits industriels, dont les automobiles, et l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié aux Etats-Unis.

Les Européens insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas de relancer le très impopulaire TTIP (ou Tafta), le grand accord commercial de libre-échange, au point mort depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

"Nos arguments pour la négociation, c'est de donner aux Etats-Unis des incitations pour nous exempter" mais "on n'a pas de raisons d'être optimistes", estimait lundi une source diplomatique.

Rares sont ceux, à Bruxelles, qui se risquent d'ailleurs à anticiper la réaction de Donald Trump, à qui reviendra la décision finale sur une éventuelle exemption de l'UE qui a déjà bénéficié de deux sursis temporaires.

"Nous devons nous préparer à différents scénarios", en particulier celui où les taxes américaines seraient définitivement appliquées à l'UE, a affirmé Mme Malmström.

Dans ce cas, Bruxelles a préparé des contre-mesures sur une liste de produits américains emblématiques, comme le beurre de cacahuète, les jeans ou le bourbon, qui pourraient légalement être mises en place à compter du 20 juin.