Conjoncture Dès vendredi, les Etats-Unis vont commencer à se prendre de plein fouet le retour de bâton européen, après l'imposition des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium voulues par le président Trump. L'Europe va en effet mettre en oeuvre des contre-taxes de 25 % sur des dizaines de produits américains. Les hostilités sont également ouvertes avec la Chine, les deux géants de l'économie mondiale voulant se taxer pour des centaines de milliards de dollars.

Fin mai, "La Libre" relatait le désespoir des industriels américains utilisateurs d'acier et d'aluminium. Ils demandaient en masse des exemptions aux taxes pour certains produits qu'ils ne trouvent pas sur le marché intérieur ou pas en suffisance. Et s'ils ne les obtenaient pas, les conséquences pouvaient être graves pour l'industrie nationale que Donald Trump affirme vouloir protéger de la mondialisation : fermetures d'usines, des centaines d'emplois supprimés, annonçaient plusieurs chefs d'entreprise.

On apprend jeudi que le département américain au Commerce, qui n'en est qu'au début du traitement de ces milliers de demandes, n'accorde des exemptions qu'au compte-gouttes.

Wilbur Ross, le secrétaire d'Etat au Commerce, indique que 42 exemptions, concernant sept entreprises, ont été accordées. Ces sociétés se fournissent au Japon, en Allemagne, Suède, et Chine mais aussi pour l'une auprès d'ArcelorMittal Belgique, qui produit des tôles épaisses en acier au manganèse pour l'entreprise américaine Hankev.

C'est par contre un refus pour onze autres entreprises qui avaient introduit en tout 56 demandes d'exemption.

Malgré ces maigres concessions, Wilbur Ross déclare : "Ce premier ensemble d'exemptions confirme ce que nous disons depuis le début : nous avons une approche équilibrée qui tient compte des besoins des industries en aval de la chaîne, tout en reconnaissant les menaces à la sécurité nationale que représentent les importations (d'acier et d'aluminium)".