Conjoncture

Les entreprises wallonnes ont-elles un problème de croissance ? Et, si oui, comment y remédier ? Le cabinet EY et l’Union wallonne des entreprises se sont penchés sur ces deux questions et ont mené une étude en ce sens auprès de 46 entrepreneurs wallons dont 40 dirigeants de PME.

Sans surprise, parmi les freins à la croissance évoqués, on trouve dans l’ordre d’importance : la fiscalité excessive, le coût du travail, les obstacles administratifs, le recrutement de personnel compétent et la flexibilité du personnel. Et, a contrario, l’étude souligne les facteurs qui dopent la croissance : innovation, internationalisation, compétitivité-prix, talents, créativité, esprit d’entreprendre et éducation.

Cette étude révèle que les entreprises wallonnes restent “trop souvent” dans leur zone de confort en se développant uniquement sur leur marché local, avec des clients qu’elles connaissent. “Plus inquiétant encore : une part significative des entreprises interrogées n’affiche simplement pas d’ambitions de croissance”, peut-on y lire.

Double stigmatisation potentielle

En Wallonie, la modestie à l’extrême semble être de mise, rapportent les auteurs. “Les entreprises n’ont pas une tendance naturelle à rechercher la croissance ni à vanter leurs succès. Nombre d’entre elles, et même des leaders mondiaux dans des niches de marchés font preuve d’une grande discrétion. Selon les entrepreneurs interrogés, de nombreux facteurs notamment culturels peuvent expliquer cette timidité. Ils nous ont expliqué que, trop souvent, la réussite entrepreneuriale n’est pas appréciée à sa juste valeur par la société wallonne en général, ce qui peut aboutir à une double stigmatisation potentielle : l’échec et la réussite seront stigmatisés”, écrivent-ils.

Près de 56 % des entreprises interrogées s’estiment être “inconnues” en Wallonie, au-delà de leur propre secteur d’activités et ce alors que 38 % d’entre elles se considèrent comme des leaders de niche. “Ce résultat semble paradoxal à première vue : se considérant comme des entreprises pionnières et à la pointe sur une niche spécifique, elles ne se sentent pas (re) connues à l’échelle régionale/nationale. Pour certaines entreprises, cela s’explique par le fait que leur marché n’est absolument pas local et qu’une notoriété wallonne n’est finalement pas recherchée. Cependant, 50  % des entreprises interrogées, qui considèrent occuper une place de leader de marché en Wallonie et en Belgique, estiment ne pas être connues en Wallonie.”