Conjoncture Un Parisien sur deux a utilisé une application du style Uber l’an dernier. Bruxelles en est loin.

Uber et les autres applications de transport avec chauffeur à la demande sont moins populaires à Bruxelles que dans les autres capitales européennes. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par l’ORB et commandée par Uber "himself". Plus d’un quart des sondés (10 000 personnes âgées de 18 à 54 ans) vivant à Amsterdam, Barcelone, Berlin, Bruxelles, Lisbonne, Londres, Paris, Rome, Stockholm et Varsovie ont ainsi utilisé une application pour se connecter avec un chauffeur l’an dernier.

Ce nombre est particulièrement significatif à Paris et Londres, à l’offre bien plus variée qu’à Bruxelles, où près de la moitié des répondants (respectivement 48 et 46 %) ont affirmé avoir commandé une course de la sorte au cours des douze derniers mois. Bruxelles est en queue de peloton européen, puisque ce chiffre est de 16 % seulement. Un résultat jugé toutefois plus que satisfaisant par l’équipe d’Uber Belgique qui estime que le géant américain compte désormais 60 000 utilisateurs réguliers après trois ans de présence dans la capitale belge.

Le grand défi du nouveau patron d’Uber

D’après l’enquête, la première motivation des Bruxellois d’utiliser de telles applications est "qu’il s’agit de la façon la plus sûre pour se déplacer à des heures tardives, lorsqu’ils voyagent seuls ou qu’ils ont bu". Autre motif invoqué : l’absence ou la faible disponibilité des transports en commun à l’heure de voyage. Plus de six Bruxellois sondés sur dix se disent prêts à moins utiliser leur voiture "si des alternatives appropriées sont proposées". Et c’est ce qu’Uber va suggérer lors de la semaine européenne de la mobilité, qui se tiendra entre le 16 et le 22 septembre. A cette occasion, l’entreprise mettra les Bruxellois au défi de rendre leurs clefs et abandonner leur voiture pendant une semaine. En échange, les participants basés à Bruxelles pourront utiliser gratuitement des applications à la demande ainsi que les transports en commun.

A noter qu’aux Etats-Unis, Uber vit encore les secousses de sa crise de management ayant amené à la démission récente de plusieurs hauts cadres de la société. D’après le cabinet de recherche Second Measure, la part de marché d’Uber y a ainsi reculé de 84 % en janvier, à 75 % cet été. Tout profit pour son grand rival Lyft, pas (encore ?) présent à Bruxelles. Le défi est donc de taille pour le tout nouveau patron d’Uber, M. Khorosrowshahi, ancien boss d’Expedia, qui se donne au maximum trois ans pour mener une introduction en Bourse de l’entreprise californienne.