Conjoncture

La Bourse de New York voyait ses pertes s'accentuer à la mi-séance jeudi, les investisseurs faisant toujours preuve de nervosité face à la montée des taux d'emprunt sur les marchés.

Vers 17H50 GMT, l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 2,56% à 24.255,09 points, le Nasdaq, à forte coloration technologique, lâchait 2,59% à 6.869,35 points, et l'indice élargi S&P 500 perdait 2,30% à 2.620,11 points.

Après avoir démarré près de l'équilibre, les indices ont peu à peu perdu de la vigueur alors que le marché obligataire se tendait, le taux d'emprunt à dix ans des Etats-Unis grimpant notamment jusqu'à 2,882%.

La rapide montée de ce taux est un des facteurs ayant déclenché la semaine dernière des remous sur le marché boursier, turbulences qui ont culminé lundi avec la pire séance du Dow Jones depuis 2011.

Après plusieurs mois d'euphorie boursière et sur fond d'amélioration de l'économie, les investisseurs se sont soudainement inquiétés d'une possible accélération de l'inflation et d'une remontée plus rapide que prévu des taux d'intérêt de la banque centrale américaine.

Cette évolution rend plus cher le coût des emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que les actions.

"Le marché des actions va continuer à évoluer comme cela (en dents de scie) sans que l'on sache quand cela va s'arrêter", a commenté Art Hogan, de Wunderlich Securities.

Dans les salles de marchés, l'ambiance "est plus à la frustration qu'autre chose", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas vraiment de la panique (...) c'est une façon de tester jusqu'où on peut descendre."

"Les traders sont probablement en train de tester des niveaux de résistance", a abondé Nancy Tengler, responsable des investissements chez Heartland Financial.

"J'ai vu des rendements bien plus élevés dans ma carrière et je pense qu'on n'est pas encore au moment où les investisseurs vont en masse vendre leurs actions pour acheter des obligations. Mais à court terme, cela rend fébriles certaines personnes", a-t-elle noté.

Teva en difficultés 

Les investisseurs gardaient aussi un oeil sur Washington, où le Congrès doit voter sur un accord scellé mercredi par la majorité républicaine et l'opposition démocrate du Sénat sur les montants des budgets 2018 et 2019.

"La perspective de voir les dépenses de l'Etat augmenter a alimenté le mouvement de vente sur le marché des bons du Trésor", ont souligné les analystes de Briefing.

Le marché digérait aussi jeudi une nouvelle salve de résultats d'entreprises, dont ceux du réseau social Twitter qui bondissait de 15,09% à 30,97 dollars après avoir dégagé pour la première fois de son histoire des bénéfices au quatrième trimestre.

Le groupe de médias 21st Century Fox, qui a fait part de résultats en hausse sous l'effet essentiellement de la réforme fiscale, baissait de 1,94% à 35,36 dollars.

Le géant israélien des médicaments génériques Teva, coté à New York, chutait de 9,93% à 18,78 dollars après avoir annoncé une perte nette de 16,3 milliards de dollars pour l'année 2017.

Le constructeur de véhicules électriques Tesla, qui a essuyé la plus grosse perte trimestrielle de son histoire au quatrième trimestre mais a aussi assuré pouvoir tenir les objectifs de production du Model 3, sur lequel il mise beaucoup, tombait de 6,02% à 324,24 dollars.

Le constructeur aéronautique Boeing descendait pour sa part de 3,60% à 333,93 dollars, pesant sur le Dow Jones. Selon le Wall Street Journal, le groupe négocie actuellement le rachat du fabricant de pièces détachés pour l'aéronautique Woodward, qui avait mercredi soir une capitalisation boursière de 4,7 milliards de dollars.