Digital L’outil cartonne au Canada. Son fondateur s’y trouve en ce moment avec la mission royale.

Le Canada est un marché crucial pour Gill Ruidant et son produit numérique "2houses". L’outil, né en 2011 près de Fleurus, est à la fois une plateforme web et une application mobile. Il propose une interface sur laquelle des parents divorcés peuvent s’organiser pour leurs enfants. Cela passe, entre autres, par un agenda partagé et un gestionnaire des dépenses.

Il se fait que l’"appli" fonctionne bien mieux en Amérique du Nord qu’en Europe. Sur les 140 000 familles qui l’utilisent, 75 % se trouvent au Canada (20 000 familles) et aux Etats-Unis (un peu plus de 80 000). La présence de Gill Ruidant dans la délégation économique qui accompagne le roi Philippe, cette semaine, durant sa visite d’Etat au Canada, s’imposait donc assez naturellement.

"On constate qu’on utilise beaucoup plus facilement des produits digitaux en Amérique du Nord qu’en Europe. On est aussi davantage prêts à payer pour cela", explique le fondateur de 2houses. Le coût : 120 dollars par an (le prix est le même en dollars canadiens et américains alors que la valeur de la devise diffère). En Belgique (6 000 utilisateurs), c’est moins cher. 40 euros par an. L’application ne s’appelle pas 2houses, mais "My kids&co" et elle est proposée par la Ligue des familles à la suite d’un partenariat conclu en 2014. "Cet accord est important pour nous afin de nous assurer un revenu récurrent, mais aussi pour notre image de marque", précise Gill Ruidant.

Un réseau d’avocats et de psychologues

De manière générale, "on vend notre produit via du marketing on-line. Mais c’est aussi un produit très humain". Raison pour laquelle le CEO entretient un large "réseau de prescripteurs". C’est-à-dire des avocats, des coaches familiaux, des psychologues, même des notaires qui sont en contact avec des parents divorcés et qui vont pouvoir leur proposer 2houses. Cette semaine, au Canada, il a ainsi prévu des rendez-vous avec des associations de médiateurs. Il en verra trois à Ottawa et deux à Montréal.

Le défi en 2018 pour 2houses, qui emploie cinq personnes, c’est de devenir rentable. Pour cela, "il nous faut des revenus de 500 000 euros. On devrait y arriver". Le produit est devenu payant en 2016. Actuellement, sur les 140 000 utilisateurs, 8 000 sont des utilisateurs payants.