Digital

Une étude montre que les petites start-up doivent avoir plus d’ambition et qu’il faut leur donner des moyens.

L’opérateur télécoms Telenet et Start-ups.be, le "one stop shop" pour le développement des jeunes pousses technologiques belges, ont réalisé une étude portant sur quelque 74 start-up belges dans le domaine des télécoms, des médias et du divertissement. L’objectif : analyser leurs évolutions respectives et leur capacité à développer une croissance durable. Les résultats de ce travail ont été présentés hier mardi en présence du ministre Alexander De Croo qui est notamment en charge de l’Agenda numérique. Ils montrent en substance que le terreau belge est particulièrement riche et que pratiquement 30 % des start-up ayant participé à l’étude affichent une croissance annuelle de plus de 100 %. "C’est normal pour une start-up d’au moins doubler son chiffre d’affaires chaque année", nous explique Frederik Tibau, Content Director de Startup.be. "Et c’est donc très positif puisqu’une grosse moitié de ces entreprises réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 100 000 euros. Certaines, un peu plus de 5 %, sont déjà entrées dans le club des start-up dégageant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires", assure encore Frederik Tibau.

Ce dernier explique tout de même que, si l’on met régulièrement en avant les "scale-up", les start-up qui changent de catégorie pour exploser à l’international en levant des capitaux importants, on aurait tort de ne pas s’occuper des start-up plus modestes qui évoluent à l’arrière-plan et dont le sort est moins enviable. "Notre objectif n’est évidemment pas de noircir le tableau, mais d’attirer l’attention sur les éléments qui freinent le développement de ces start-up." Quelque 43 % des start-up interrogées affichent une croissance annuelle inférieure à 20 % et 46 % d’entre elles ont un chiffre d’affaires récurrent inférieur à 100 000 euros. Et pour ces dernières, l’avenir est incertain.

Investisseurs frileux

Manquent-elles d’investisseurs ? "Non. En fait, en Belgique, il y a de l’argent et c’est souvent facile de lever de petits montants pour le démarrage d’un projet. Mais il semble qu’il y ait des freins au niveau des mises plus importantes. Nos investisseurs ont sans doute une vue un peu trop conservatrice de la chose. Par ailleurs, ce que nous constatons dans la pratique, c’est que les start-up belges ont tendance à se focaliser sur le marché local. Et la Belgique, pour une start-up active dans le domaine des médias, des télécommunications et du divertissement, c’est insuffisant." Insuffisant en termes de clientèle et surtout en termes de levées de fonds. "Il faut donc, que nos start-up aient plus d’ambition mais aussi qu’on les aide", relève encore Frédérik Tibau. "Avoir pour objectif d’être numéro un en Belgique, c’est bien, mais pourquoi ne pas viser le peloton de tête au niveau européen ?"

Viser l’international

L’étude révèle encore que 37 % des start-up interrogées ne disposent pas d’une part de leur chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, et qu’une sur quatre seulement réalise du chiffre à l’étranger pour moins de 25 % de ses revenus globaux. Enfin, pratiquement une sur deux (46 %) n’ambitionne d’engager que d’un à trois nouveaux collaborateurs l’an prochain. Il faut donc que ces start-up se battent et trouvent du soutien au niveau politique et auprès des investisseurs.