Digital Vous connaissez certainement les mèmes. Ce sont ces images, souvent parodiques, qui se diffusent à toute allure sur la toile à coups de partages Facebook ou de retweets. Une photo sortie de son contexte, avec une phrase qui la rend totalement absurde et souvent hilarante. Voilà qui fait rire beaucoup de monde. Mais visiblement, pas le président de l'Équateur, à en croire l'agence Associated Press.

À la tête du pays sud-américain depuis 2007, Rafael Correa est la cible préférée des humoristes 2.0 de Crudo Ecuador. Sur leur page Facebook ou sur leur compte Twitter, ces plaisantins du web adorent mettre en lumière le déséquilibre entre l'image luxueuse véhiculée par le président Correa hors des frontières du pays et la misère nationale.

La situation économique de l'Équateur, par Crudo Ecuador

Chacun se fera son opinion sur la qualité humoristique de la chose. Visiblement, Rafael Correa n'en est pas friand. Dans son apparition télévisuelle hebdomadaire, le président a expliqué qu'un site internet, Somosmas.ec (soit "Nous sommes plus"), serait créé pour organiser la contre-attaque digitale de ses partisans. Combattre le troll par le troll, en quelque sorte : "Pour chaque tweet mensonger qu'ils enverront, nous en posterons 10.000 véridiques."

L'opposition n'a évidemment pas tardé à réagir, parlant d'une nouvelle étape dans la lutte contre la liberté d'expression menée par le président. Il faut dire que depuis 2012, il a, en vrac, fait payer 42 millions de dollars au principal journal d'opposition du pays pour diffamation, forcé le cartooniste politique Javier Bonilla à "corriger" son travail ou encore promulgué une loi qui établit un panel de membres du gouvernement comme "arbitres de l'équité journalistique".

Du côté de Crudo Ecuador, on préfère évidemment rire de la situation. Interrogé par l'AP, un des membres du groupe réfute les accusations présidentielles, qui font de lui le bras armé de l'opposition de droite.  "J'ai été un blagueur toute ma vie. Si je devais être payé pour ça, je n'aurais pas de dettes" affirme celui qui déclare par ailleurs avoir voté pour Correa aux dernières élections, et envisager d'encore le faire lors du prochain scrutin car c'est '"le moins mauvais des hommes politiques d'Équateur."