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La Maison Blanche a officiellement accusé mardi la Corée du Nord d'être à l'origine de la cyberattaque "Wannacry" qui avait touché des dizaines de pays à travers le monde.

Début mai, cette attaque informatique avait paralysé temporairement les services de santé britanniques, mais touché aussi des usines du constructeur automobile français Renault, la compagnie téléphonique espagnole Telefonica ou encore la compagnie américaine de distribution des colis FedEx.

"Après un examen attentif, les Etats-Unis attribuent publiquement cette cyberattaque massive à la Corée du Nord", a déclaré le conseiller à la sécurité intérieure de Donald Trump, Tom Bossert.

Le régime de Kim Jong-Un a toujours démenti être à l'origine de cette attaque, qualifiant cette allégation de "tentative malveillante" pour renforcer les sanctions internationales à son encontre.

"Nous ne prononçons pas cette accusation à la légère, nous le faisons avec des preuves et avec nos partenaires", a-t-il ajouté, soulignant que le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et le Japon partageaient l'analyse américaine.

Pour autant, l'exécutif américain n'a à ce stade annoncé aucune mesure de rétorsion.

Reconnaissant qu'il n'y avait "pas beaucoup de marge" pour appliquer une pression supplémentaire sur le régime nord-coréen, sous le coup de nombreuses sanctions en raison de ses programmes nucléaire et balistique, M. Bessert a souligné qu'il était "important de le nommer publiquement".

Si les pirates informatiques avaient exigé des rançons de la part des utilisateurs afin qu'ils puissent recouvrer l'usage de leurs systèmes informatiques, l'exécutif américain juge que ce n'était pas l'objectif central de l'attaque et estime que les sommes récoltées ont été limitées.

'Qui derrière le clavier ?'

Interrogé sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis avaient mis si longtemps à arriver à cette conclusion, alimentant les suspicions selon lesquelles Washington aurait voulu exploiter les failles découvertes avant de les rendre publique, la Maison Blanche a défendu son approche.

"Le plus important est de faire cette analyse correctement plutôt que de la faire vite", a répondu le conseiller à la sécurité intérieure de Donald Trump, soulignant qu'il était toujours difficile dans ce genre d'affaires de dire "qui était derrière le clavier et pour qui".

Pyongyang a déjà été accusé d'être à l'origine de plusieurs cyberattaques de grande envergure, notamment celle contre le piratage de Sony Pictures en 2014.

L'incident avait été revendiqué par un groupe de pirates, "Guardians of the peace" (GOP), exigeant du studio de cinéma qu'il annule la sortie de "L'interview qui tue!", une comédie dans laquelle deux journalistes sont approchés par la CIA pour tuer Kim Jong-Un.

Un éventuel dialogue entre Washington et Pyongyang sur la question nucléaire, évoqué par le chef de la diplomatie Rex Tillerson, fait l'objet de spéculations récurrentes et de signaux parfois divergents au sein de l'administration.

"Nous voulons une résolution et nous voulons qu'elle soit pacifique", a assuré mardi sur la BBC le général H.R. MacMaster, conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump.

"Mais comme le président l'a dit, toutes les options sur la table et nous devons être prêts si nécessaire à mener à bien la dénucléarisation de la Corée du Nord sans la coopération du régime", a-t-il ajouté.

© AFP