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C’est une première en Wallonie. Durant six semaines consécutives (du 8 mai au 16 juin), trente-six projets entrepreneuriaux vont être accélérés au sein de quatre écosystèmes : à Louvain-la-Neuve (au sein de la structure Digital BW), à Liège (avec LeanSquare), à Mons (avec Digital Attraxion) et à Namur (avec Trakk et le Bep).

Depuis lundi dernier, les équipes qui participent à ce premier “Startup Camp” sont à pied d’œuvre, chacune bénéficiant du soutien de plusieurs coaches rompus à l’accompagnement intensif de “jeunes pousses”. Comme l’explique David Valentiny (photo), chef d'orchestre de cette opération inédite, dans l’entretien qu’il a accordé à “La Libre” (à paraître ce samedi), ce premier “Startup Camp” de Wallonie est “un véritable mouvement collectif de transformation des pratiques de l’animation économique”. Pas moins de vingt organisations (accélérateurs, invests, centres européens d’entreprise et d’innovation,…) ont en effet été mobilisées pour permettre aux 36 projets, sélectionnés au terme d’un appel à candidatures, d’être accélérés durant six semaines dans quatre villes wallonnes.

© Startup Camp

Curieuse de tout ce qui passe actuellement dans l’univers des start-up, la rédaction économique de “La Libre” a décidé de vous faire vivre de l’intérieur ce processus inédit en matière d’entrepreneuriat. Mardi dernier, lors d’une séance de “team building” organisée dans la région namuroise, nous avons été à la rencontre de 4 projets (Smartbeam, Mesydel, Stent.care et Art'Crok). Chaque samedi, nous vous proposerons de prendre le pouls de ces quatre projets de start-up, à la fois très différents dans leurs finalités et le profil des initiateurs, afin de mettre en lumière les étapes qui, pour reprendre l’expression de Benoît Lips, l’un des coaches de ce Startup Camp, permettent de passer du “je crois” au “je sais”. En d’autres termes, comment on passe d’une simple idée entrepreneuriale à sa mise en œuvre en la confrontant, très rapidement, aux réalités de terrain. Quitte à se rendre compte que le projet ne répond à aucune demande de marché ou besoins de clients…


Stent.care

© GUILLAUME JC
Si Jérôme Clerfayt apparaît seul sur la photo, c’est en raison de la difficulté, pour les quatre autres membres du projet Stent.care, de se rendre à notre rendez-vous. La tête pensante de Stent.care, en particulier, est atteinte d’une pathologie congénitale qui limite ses mouvements. Lucio Scanu, c’est son nom, a été longtemps très actif dans des associations venant en aide à des malades chroniques et des personnes handicapées. "Ma pathologie m’a rattrapé en octobre 2012 et j’ai dû tout lâcher." En septembre dernier, il décide de se relancer avec Kedroz, start-up dont est issu Stent.care. L’idée ? Créer un réseau social destiné aux personnes confrontées aux difficultés de la vie quotidienne en raison d’un handicap ou d’une maladie. "On veut rompre l’isolement et faciliter l’entraide." Avec une préoccupation majeure : la protection des données privées et médicales, ce que ne permet pas Facebook & Cie.


Smartbeam

© GUILLAUME JC
Le projet Smartbeam, accéléré chez Digital BW, n’est pas inconnu des lecteurs de "La Libre Entreprise". Caroline Basecqz, ingénieur civil en construction de 29 ans, était venue le défendre lors d’une session du "One Hour Challenge" (LLE, 14/10/2016). Auparavant, elle avait passé plusieurs semaines au "Boostcamp" du Microsoft Innovation Center. Son projet consiste à développer un outil informatique d’estimation et de suivi budgétaire pour les entreprises générales de la construction. "J’ai eu la chance de pouvoir nouer un partenariat avec des consultants spécialisés dans l’expertise et la coordination de projets de construction. Cela va être très précieux pour construire les modules de la plateforme et, ensuite, de la commercialiser auprès de clients." En intégrant le Startup Camp, Caroline Basecqz espère puiser de l’énergie et de l’expertise, notamment en matière de levée de fonds.


Mesydel

© Tonneau Michel
Initialement, Martin Erpicum était seul à porter le projet Mesydel. Ce sociologue de 34 ans avait été engagé fin 2014 au sein du centre de recherche Spiral de l’université de Liège pour plancher sur un projet de spin-off. Sa mission : créer un outil informatique visant à mettre en œuvre "Delphi", méthode bien connue des chercheurs en sciences humaines, par laquelle on organise la collecte de données, la mise en œuvre de multiples tours de questionnaires, le traitement et l’analyse de questionnaires, et des outils d’analyse dédiés. "Ces derniers mois, explique le chercheur, j’ai été rejoint par Maxime Petit Jean, docteur en sciences politiques, et Mélanie Antoine, docteur en gestion. C’était devenu nécessaire car le projet Mesydel est entré dans une phase consistant à bâtir un modèle d’affaire." De spin-off universitaire, l’enjeu est aujourd’hui de passer au stade de société à visée plus commerciale.


Art’Crok

© GUILLAUME JC
Colienne Demain débarque au "Startup Camp" avec un projet étonnant. "Je veux valoriser le potentiel de l’homme à exploiter sa propre énergie. On estime qu’un être humain dégage, en moyenne, une puissance de 70 watts. Je voudrais transformer cette énergie thermique en énergie électrique dans le cadre de diverses applications", résume cette jeune ingénieur civil de l’UCL (qui a complété sa formation par une "mineure" en culture et création, ce qui explique sans doute la présence du mot "art" dans le nom de son projet). Colienne, qui travaillera au départ du Trakk à Namur, dit avoir déjà essayé plusieurs métiers depuis sa sortie de l’université. Elle a notamment travaillé à l’IRM. Actuellement, elle est active au sein de l’Agence spatiale européenne, mais dont elle démissionnera en juillet. "C’est à moi de construire mon propre métier. C’est pour ça que je participe au Startup Camp."