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L'entreprise JCDecaux a placé dans des centres commerciaux belges des panneaux publicitaires équipés d'une caméra. Elle tente ainsi de rassembler des informations qui pourraient être intéressantes pour les annonceurs, mais des experts en protection de la vie privée jugent que le procédé est illégal, peut-on lire mercredi dans De Morgen et Het Laatste Nieuws. 

C'est Dooh-tv, une société qui appartient à JCDecaux depuis l'année dernière, qui a placé ces panneaux publicitaires digitaux intégrant une petite caméra qui scrute les passants. Ces caméras intégrées n'enregistreraient pas d'images, mais compteraient des mouvements. Elles peuvent par exemple compter le nombre de personnes qui regardent la publicité. Sur base des expressions faciales, davantage d'informations pourraient être enregistrées.

"Ce genre d'informations est le Graal des annonceurs", indique la directrice marketing de JCDecaux Veerle Colin. "Cela permet de faire de la publicité ciblée." L'entreprise ne parle pas de caméras mais de "senseurs visuels".

Or, l'usage de caméras dans les espaces publics est soumis à une législation stricte. "Ce cas ne tombe clairement pas sous les applications de la loi sur les caméras de surveillance", indique Ronny Saelens, chercheur sur les droits de respect de la vie privée à la Vrije Universiteit Brussel (VUB). La Commission de protection de la vie privée précise qu'elle va prendre contact avec JCDecaux.