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Plusieurs dizaines de milliers de gigaoctets de données seraient publiées sur le Web chaque seconde, des données certes quantifiables, mais tellement nombreuses que leur volume reste difficile à appréhender par le cerveau humain. Si la collecte et l’analyse de données font partie des problématiques récurrentes des professionnels du marketing, sa représentation n’en est pas moins complexe. Comment en effet matérialiser l’immatériel pour donner des clés de compréhension tant aux entreprises qu’au grand public ?

Matérialiser le volume de données pour le rendre compréhensible, c’est là tout l’enjeu de la visualisation des données. La discipline est loin d’être récente et la représentation graphique des données existe depuis bien longtemps. C’est, par exemple, l’essence même de la cartographie, apparue dès l’Antiquité. De nos jours, les outils de visualisation des données permettent de représenter des données créées en plus grand nombre que ce que l’on est actuellement capable d’analyser. À l’ère de l’infobésité, le principal enjeu de la discipline est de transmettre des informations à des individus qui n’ont pas le temps de les lire. Un outil qui s’avère être très utile pour transformer une masse de données en outil opérationnel d’aide à la décision en temps réel, en dégageant des tendances pour réduire le cycle de décision, et ainsi faire l’économie d’un processus long qui fait habituellement intervenir l’humain.

Les contours de la donnée étant par essence insaisissables, la visualisation des données repose sur la capacité à leur offrir une traduction visuelle et l’infographie fut un temps son support emblématique - voire privilégié - avant d’être aujourd’hui tombée en désuétude auprès des spécialistes. À partir du moment où les données changent constamment, leur représentation graphique doit devenir interactive avec toujours un volet visuel, mais surtout une machinerie en arrière-plan qui traduit l’information en temps réel pour être efficace. Nous avons parcouru un long chemin pour observer nos données, et la technologie a remplacé les scripts et les tableaux croisés dynamiques par des interfaces intuitives en glisser-déposer. Avec le temps, la communication avec les données deviendra plus naturelle, en partie grâce aux améliorations dans des domaines tels que le traitement du langage naturel. Les interfaces en langage naturel viendront compléter la gamme d’outils d’aide à la décision, et rendront les données, les graphiques et les tableaux de bord plus accessibles en permettant aux utilisateurs d’interagir avec les données grâce à un langage et des textes naturels. Le cabinet d’analyse Gartner estime qu’il s’agit là de la prochaine étape de la transition entre le ‘reporting’standard et la mise en récit. Malgré le scepticisme que soulève cette nouveauté chez certains, il sera intéressant d’observer son évolution.