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CHRONIQUE

Ramon a 24 ans. Des envies d'évasion et pas beaucoup d'argent. Mais le 1er mai, il partira pour un tour du monde original, glanant les points de chute au gré des invitations qu'il recueille sur son site web. L'idée pour son projet, «Let me stay for a day» qu'on pourrait traduire par «invitez-moi pour une soirée» , il l'a eue en regardant un talk-show télévisé américain.

L'invité avait demandé aux téléspectateurs de lui envoyer un dollar. Il en a eu des centaines de milliers. Sur ce, Ramon s'est dit que, lui aussi, pourrait combiner sa passion de l'Internet, qu'il utilise quotidiennement depuis 1995, à celle des voyages. Le tout est de simplement demander «une chambre, un soir».

RIEN QUE DES RENCONTRES

Cette bouteille à la mer, il l'a lancée depuis son site le 12 mars dernier. Et si cette idée est partie d'une boutade, elle a pris corps petit à petit, au gré des invitations et ce 1er

mai, Ramon s'en ira, armé d'un petit sac à dos, pour un tour du monde, sans durée ni projets de destination.«Un soir, une chambre». Au programme, ni avion, ni train, ni bateau. Pas d'argent juste un minimum et pas de cartes de crédit. Rien que du stop et des rencontres. Et seul. Ce sont les rencontres qu'il entend privilégier.

Et puis, comme il le dit avec humour: «Combien de personnes vont pouvoir m'offrir deux lits extra-larges?»

QUESTION DE COMBINAISON

Étudiant en journalisme de l'Université de Windesheim (Pays-Bas), Ramon entend bien mettre en ligne reportages, impressions et photos des gens qui l'ont accueilli et des lieux traversés (en attendant le généreux sponsor qui offrira la caméra). Si le site servira autant de point de contact entre autres avec ses parents et amis il sert également pour Ramon à planifier ses déplacements et accueille évidemment les propositions d'hébergement. Et avec la couverture médiatique (aux USA, au Canada ou en Europe), la liste s'allonge chaque jour et reprend déjà plusieurs centaines d'invitations en Argentine, en Inde, au Canada, aux USA ou en Afrique du Sud et un peu partout en Europe.

Pour Ramon, le seul problème mais il est de taille est qu'il doit arriver à combiner toutes ces offres et des déplacements sur des courtes distances puisqu'il entend se déplacer chaque jour par ses propres moyens.

Avec le monde comme horizon, et un site Web comme seule viatique, Ramon entend démontrer qu'il existe d'autres utilisations de l'Internet que celle que propage une certaine démoralisation boursière! On ne peut que lui souhaiter un bon voyage!

© La Libre Belgique 2001