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Un message bien ficelé dans son statut peut-il suffire pour interpeler la direction du réseau social ? Le doute est de mise.

Ce message, traduit en plusieurs langues, circule actuellement sur le réseau social Facebook :

A toute personne et/ou institution et/ou agent et/ou organisme de toute structure gouvernementale, publique ou privée au sujet de mes photos, et/ou des observations faites à mon propos, au sujet de mes photos ou de toutes les autres images ou informations postées sur mon profil par mes contacts (“amis”) Facebook. Vous êtes avisés qu’il vous est strictement interdit de divulguer, copier, distribuer, diffuser les images ou informations qui apparaissent sur mon profil Facebook, que j’en sois l’auteur ou non. Cette interdiction s’applique également aux employés, agents, étudiants ou membres du personnel sous votre direction. Le contenu de ce profil est privé ; les informations qu’il contient sont privilégiées et confidentielles ; le fait par moi de les poster sur mon profil ne signifie pas que je souhaite les rendre publiques, ou que je renonce à mes droits d’auteurs ou à tout autre droit à leur sujet, mais seulement et uniquement que je souhaite les porter à la connaissance de mes contacts (“amis”) Facebook. La violation de la vie privée est une infraction punissable par la loi.

A l'image des chaines d'e-mails qui circulaient, il fut un temps, sur Hotmail, le texte termine ainsi: "Si vous ne publiez pas cette déclaration au moins une fois, alors vous autorisez implicitement et indirectement l’usage public des éléments tels que les photos et les informations contenues."

Les hoaxs, ou canulars informatiques, jouent depuis des années sur la crédulité des internautes. Au début des années 2000, c'est la crainte de voir le service de mail devenir payant qui poussait de nombreuses personnes à faire suivre ces messages. Aujourd'hui, l'heure est à la défense de la vie privée. Mais ce dernier "fake" bien ficelé peut-il tout de même avoir un impact sur la situation ? Le doute est de mise.

Interrogé par Rue89, Cédric Manara, spécialiste du droit d’Internet, assure que "cela n'est pas une formule qui a une valeur juridique" d'autant plus que dans le cas de Facebook, les conditions générales sont claires: Pour le contenu protégé par les droits de propriété intellectuelle, comme les photos ou vidéos (propriété intellectuelle), vous nous donnez spécifiquement la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé."

Donc comme le fait remarquer Le journal du Geek, "la seule façon de protéger vos données sur Facebook est de tout simplement ne pas les mettre sur Facebook."

Facebook nie vouloir changer ses règles en matière de droits d'auteur

"Il y a une rumeur qui circule selon laquelle Facebook serait en train de changer ses règles concernant la propriété des informations et des contenus publiés par ses utilisateurs", a indiqué Facebook dans une note de "vérification" sur son site lundi. "C'est faux", ajoute le réseau social. "Toute personne qui utilise Facebook détient et contrôle le contenu et les informations qu'elle publie, comme le disent nos modalités. (Les utilisateurs) contrôlent comment ces contenus et ces informations sont partagés. C'est notre politique et cela l'a toujours été".