Digital Certaines applications de "benchmark" (comme 3DMark) proposent d'analyser les performances de votre ordinateur ou de votre téléphone si vous désirez les utiliser pour jouer. Grâce à ces tests, il est possible pour tout un chacun de comparer très facilement les modèles avant de passer à la caisse.

Il semblerait qu'Huawei ait bien compris l'importance d'obtenir un score attractif dans ce domaine. Comme l'explique le site spécialisé AnandTech, il aurait artificiellement boosté certains de ses modèles (P20, P20 Pro, Nova 3, and Honor Play) afin qu'ils obtiennent une meilleure note à ces tests.

Face à ces révélations, 3DMark, l'une des applications de Benchmark sur le marché, a donc décidé de "délister" les modèles incriminés. "Ces cinq dernières années, plusieurs fabricants de smartphones ont été mis en cause pour avoir essayé de manipuler les tests de performance. C'est pour cela que nous avons mis en place des règles claires sur la manière dont les fabricants pouvaient ou pas interagir avec nos applications. Après avoir réalisé plusieurs tests, nous avons pris la décision de délister certains modèles de la marque Huawei et sa sous-marque Honor. Ces modèles sont tout donc en bas de la liste de nos modèles préférés et apparaissent sans score."

Comment Huawei s'y est-il pris?

En programmant ses modèles pour qu'ils reconnaissent automatiquement la présence d'une application de benchmark. Quand une telle app' est reconnue, les performances du téléphone sont gonflées momentanément, le temps d'obtenir un bon score. Inutile de dire que les utilisateurs n'ont donc pas accès à ces "super-performances".

Pour démasquer la supercherie, 3DMark a réalisé des tests avec la version officielle de l'application, disponible sur internet, ainsi qu'avec une "version interne" de l'app' non connue des fabricants de smartphones. Il est alors apparu que ces modèles enregistraient des scores beaucoup plus faibles que lors des tests avec la version officielle.

© benchmarks.ul.com

"Les résultats obtenus en utilisant la version officielle de notre app' étaient 47% supérieurs à ceux obtenus avec la version interne", poursuit 3DMark, graphique à l'appui. "Ce type de détection d'application et d'optimisation est interdite dans notre règlement. Nous avons donc contacté Huawei qui s'est engagé à être plus transparent et à autoriser les utilisateurs à avoir accès à ce mode de 'super-performance'."

D'autres marques pointées du doigt par le passé

Comme le rappelle "The Verge", Huawei n'est pas la première entreprise à essayer d'obtenir de meilleurs scores lors des tests de performance. Samsung avait été pris la main dans le sac en 2013 tandis que OnePlus a été épinglé en 2017.

Cité par AnandTech, le Dr. Wang Chenglu, dirigeant chez Huawei, a expliqué que "d'autres fabricants manipulaient également leurs chiffres. C'est une pratique très courante en Chine. Nous ne pouvions pas rester sans réponse face aux chiffres irréalistes de nos concurrents."

Huawei plaide pour la création de tests "standards" qui évaluent la performance d'un téléphone au plus proche de l'expérience utilisateur.