Digital C'est une surprise et une triste nouvelle pour l'économie wallonie: dans un message envoyé ce vendredi, en fin d'après-midi, le patron de la société technologique montoise I-Movix et son épouse annoncent être en faillite. Laurent Renard, fondateur et CEO d'I-Movix, y remercie tous leurs clients, fournisseurs, partenaires et amis "pour (votre) confiance et tous les bons moments passés ensemble" depuis la création de la société en 2005.

"Nous sommes extrêmement reconnaissants à notre équipe extraordinaire de jeunes talents, ingénieurs passionnés et focalisés, techniciens, vendeurs, personnel administratif. Nous sommes très fiers des produits fantastiques que nous avons tous développés chez I-MOVIX depuis 2005", ajoute Laurent Renard. I-Movix emploie actuellement 19 personnes.

Contacté par "La Libre", Laurent Renard n'a pas souhaité en dire davantage avant le prononcé de la faillite d'I-Movix prévu lundi.

I-Movix, au départ d'une toute petite équipe d'ingénieurs, était parvenu à doter des caméras professionnelles d'un système pouvant capter jusqu'à 8 000 images à la seconde et de les restituer très rapidement, avec une qualité d'image inégalée, sous la forme de super-ralentis ("extreme slow motion"). "Nous proposons, en temps réel, le ralenti le plus lent de tous les temps" , répétait régulièrement Laurent Renard, ancien gendarme reconverti en chef d'entreprise. Les JO de Pékin en 2008, lors desquels I-Movix vait pu mettre une bonne dizaine de ses caméras à la disposition de la "Beijing Olympic Broadcaster, avaient constitué une étape importante dans l'essor de la société wallonne.

De façon assez paradoxale, ces JO de Pékin marquèrent le début d'une longue traversée du désert pour Laurent Renard, son épouse Nathalie et leurs employés. Alors que la PME pouvait entrevoir de glorieux horizons, elle se trouva face à un manque criant de moyens financiers pour développer ses systèmes d'ultra-ralentis. "En fin de compte, les JO de Pékin nous auront coûté 160 000 euros. Et nos actionnaires historiques (Invest de Mons et Wallimage/Sowalim, NdlR) ne souhaitaient pas réinjecter des fonds dans la société", nous avait confié Laurent Renard en décembre 2014. A la suite d'un divorce laborieux avec ses actionnaires publics, Laurent Renard et son épouse reprirent 100 % du capital de la société. I-Movix remit alors le turbo, investissant massivement dans la R & D afin de pouvoir proposer des systèmes toujours plus perfectionnés aux professionnels de l'audiovisuel.