Digital

Lorsqu'en ce printemps 1989, en pleine période délirante de bulle financière et immobilière, la Game Boy fut lancée au Japon, les jeunes Nippons étaient déjà des férus de jeux sur TV grâce à Nintendo et à sa console de salon "Famicon" arrivée dans les foyers en 1983.

Pouvoir trimbaler leur nouvel amusement high-tech favori était le rêve des gamins d'alors. La firme de Kyoto fut la première à le réaliser. La Game Boy, vendue 8.000 yens à l'époque (61,5 euros actuels), c'est "35 heures de jeu dans la poche avec quatre piles bâtons", clamait la publicité. Auparavant Nintendo proposait déjà des petits jeux électroniques très simples, appelés Game & Watch, mais il était impossible d'en changer le contenu.

Avec la Game Boy, dont le nom est à jamais associé au jeu Tetris (puzzle casse-tête indémodable) ou aux aventures interminables de Pikachu et de sa clique de Pocket Monsters, sont nés et ont prospéré les studios de développement. La famille de consoles Game Boy (qui comprend aussi les versions "pocket", "lite" et "color") s'est écoulée à quelque 118 millions d'unités. A ce record s'ajoutent quelque 82 millions d'unités de la génération suivante, la série "Game Boy Advance".

Quant au nombre de cartouches vendues, il se chiffre en milliards. 2009, vingt ans plus tard, la bulle a éclaté, la crise a frappé, mais le même Nintendo continue de se jouer de la conjoncture. Il fait toujours la course en tête sur le marché des machines portables, même si Sony est aujourd'hui aussi de la partie avec la PSP.

Célèbre également pour avoir créé la figure indéboulonnable du plombier Mario, Nintendo a de nouveau métamorphosé le monde du jeu en 2004 avec la DS, modèle inaugural d'une série de consoles portable à deux écrans (dont un tactile) qui se sont déjà arrachées à plus de 100 millions d'unités dans le monde.