Digital Spécialiste du big data, les data scientists ont le vent en poupe. Certains experts craignent pour leur emploi avec l’avènement de l’intelligence artificielle. A tort, estiment d’autres.

Le métier désigné comme "le plus sexy du XXIe siècle" par la Harvard Business Review en 2012 ? Celui de data scientist, un spécialiste de la science des données, dont la dénomination a été créée par deux ingénieurs de chez Facebook et LinkedIn, en 2008. Son rôle : face à la multitude d’informations du big data, donner du sens et de la valeur à ces données, chercher des corrélations entre elles, repérer les anomalies,… Et ce dans le but d’aider l’entreprise à prendre des décisions stratégiques ou opérationnelles, que ce soit sur des thématiques liées au marketing, aux services, aux tendances d’achat ou de consommation, pour élaborer le profil de la clientèle, déterminer ses attentes,… "L’information est de plus en plus digitalisée. Mais pour finir, il y a trop de données", note Willy Born, responsable des data scientists chez Devoteam, consultant informatique.

Le data scientist conçoit les modèles et algorithmes pour collecter, stocker, traiter et restituer les données. Son profil est rare. "Nous continuons à en recruter, mais il n’est pas toujours facile d’en trouver", note Willy Born. "Cela tient au fait que le data scientist combine plusieurs compétences. Il doit avoir des compétences en mathématiques et en informatique mais aussi en business, en psychologie,… Et puis chaque mois de nouveaux modèles sortent. Il faut dès lors que le candidat ait cette volonté de se former sans cesse."

Indispensables à la transformation numérique des entreprises, le data scientist développe des méthodes et une intelligence artificielle capable de réaliser certaines de ses tâches. Et se tire ainsi une balle dans le pied ? Le bureau d’études et de recherche Gartner estime que plus de 40 % des tâches des data scientists seront automatisées à l’horizon 2020. Doivent-ils dès lors craindre pour leur emploi ? Non, estime Willy Born. "Une machine va pouvoir remplacer leurs tâches. Mais pas toutes. Elle pourra faire certaines tâches plus vite et de manière plus précise, mais une machine ne peut prévoir l’imprévu. Elle ne fonctionne qu’avec les données qu’on lui a apprises. Le rôle du data scientist ne va pas disparaître, mais il va évoluer, se transformer. Cet expert pourra se concentrer sur des tâches plus complexes, aidé par l’intelligence artificielle qui devient un assistant. De nouvelles opportunités s’offrent à lui", estime Willy Born qui précise que d’autres professions seront impactées par l’intelligence artificielle. Les médecins notamment.

"L’apparition de certains symptômes implique telle maladie. Une machine peut en faire l’analyse. Dans certains hôpitaux on en est déjà là. Mais ce n’est pas pour cela qu’on aura plus besoin de médecins. La difficulté est de voir les symptômes. Il faut aussi prendre les facteurs psychologiques de la maladie. Le médecin pourra utiliser la machine pour confirmer son diagnostic, mais celle-ci ne le remplacera pas.