Digital Elle propose des investissements coordonnées dans ce domaine à hauteur de 20 milliards d’euros d’ici 2020 et lance le débat éthique.

C’est dire si la Commission européenne prend le sujet de l’intelligence artificielle (IA) au sérieux. Pas moins de quatre commissaires sont descendus ce mercredi en salle de presse pour présenter "l’approche" de l’exécutif européen pour faire de l’Union un acteur mondial de premier plan ce domaine. "Nous devons investir au moins 20 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année 2020", a plaidé le vice-président de la Commission en charge du Marché numérique, Andrus Ansip. La Commission entend elle-même consacrer 1,5 milliard d’euros pour la période 2018-2020 dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020. Effet escompté : 2,5 milliards d’investissement supplémentaire de partenariats public-privédans des domaines tels que les mégadonnées et la robotique. Le Fonds européen pour les investissements stratégiques sera aussi mobilisé, à hauteur de 500 millions d’euros, afin d’aider les entreprises et les start-ups à investir dans l’IA. Suffisant pour que l’UE ne soit pas distancée par la Chine et les Etats-Unis ? "La question est moins de savoir combien on va investir, mais dans quoi on va investir", a défendu le commissaire à la Recherche, la Sience et l’Innovation, Carlos Moedas.

"Les robots ne seront jamais des humains"

Le développement de l’IA va bouleverser l’économie, notamment en termes de création, de transformation mais aussi de disparition d’emplois, souligne la Commission, qui appelle les Etats membres à adapter et de moderniser leurs systèmes éducatifs et de formation.

Enfin, les dimensions éthiques et juridiques ne sont pas absentes de la réflexion de la Commission. Elle présentera des lignes directrices, en ligne avec la Charte européenne des droits fondamentaux, d’ici la fin de l’année. Afin de les élaborer, elle se basera sur les travaux du Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies et la contribution des parties prenantes au sein d’Alliance européenne pour l’IA. La Commission ne pense pas que les robots doivent être dotés de droits humains. "Notre approche de l’IA et des robots est centrée sur l’homme (….) dont le rôle ne pourra jamais être remplacé", insiste la commissaire en charge de l’Economie et de la Société numérique, Maryia Gabriel. "Les robots ne seront jamais des êtres humains", a enchéri la commissaire Elza Bienkowska en charge du Marché intérieur, de l’Entreprise et de l’Industrie. OleB