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La messagerie instantanée WhatsApp a réagi mardi à sa mise en demeure, la veille, par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) pour transfert illégal de données personnelles vers Facebook en assurant que cela concerne "très peu de données".

La Cnil reproche à WhatsApp la nouvelle version de ses conditions d'utilisation et de politique de confidentialité, à la suite de son rachat par Facebook en 2014, qui lui permet de transférer les données de ses utilisateurs vers sa maison-mère.

"La vie privée est quelque chose de très important pour WhatsApp, c'est la raison pour laquelle nous collectons très peu de données, en cryptant chaque message", a déclaré un porte-parole de la messagerie instantanée.

WhatsApp a par ailleurs assuré que "nous continuerons à travailler avec la Cnil pour nous assurer que les utilisateurs comprennent quelles informations nous collectons et comment nous les collectons".

La Cnil a constaté que la messagerie transmettait à Facebook des données concernant ses utilisateurs - numéros de téléphone et informations relatives aux habitudes d'utilisation, notamment -, sans recueillir leur consentement préalable, et sans qu'ils puissent s'y opposer autrement qu'en supprimant leur compte WhatsApp.

Afin de vérifier la conformité de ces transmissions de données à la Loi informatique et libertés, la Commission a ouvert une enquête mais a regretté que "Facebook a(it) extrêmement mal coopéré avec la Cnil", selon sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin.

Le Cnil a donné un mois à WhatsApp pour se conformer à la loi et lui demande notamment de recueillir le consentement des 10 millions d'utilisateurs français de WhatsApp avant toute transmission à Facebook et de leur donner la possibilité de s'y opposer tout en continuant à bénéficier du service.

Cette mise en demeure n'est pas une sanction, et aucune suite ne sera donnée si WhatsApp se conforme à la loi dans le délai imparti. Dans le cas contraire, la Cnil pourra ouvrir une procédure de sanction.