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Interrogé le 30 avril dans "La Libre", Pierre Rion n’avait pas fait mystère du succès rencontré par le nouveau fonds régional d’investissement W.IN.G ("Wallonia Innovation & Growth). "Là, on est plein pot !" , avait lancé celui qui en préside le Comité d’investissement, évoquant la réception de 120 dossiers en moins de trois mois ! Aux dernières nouvelles, on en serait aujourd’hui à près de 150 dossiers soumis à ce fonds public doté, par le ministre Jean-Claude Marcourt, de 50 millions d’euros sur cinq ans dans le cadre de la stratégie "Digital Wallonia", et géré par la SRIW.

A ce jour, cinq start-up ont décroché un financement auprès de W.IN.G. Une dizaine d’autres, nous assure-t-on, sont en bonne voie de concrétisation.

Et de cinq !

Lors de son lancement public, le 23 février dernier, les dirigeants de W.IN.G avaient levé le voile sur deux premières start-up ayant bénéficié d’un soutien financier : ListMinut (plateforme numérique permettant de trouver des personnes pour la réalisation de petits services) et Neveo (chaîne de télé personnalisée visant à connecter des personnes âgées avec leurs familles). Plus récemment, le fonds du numérique wallon a octroyé un prêt de 100 000 euros à Creo², start-up basée à Louvain-la-Neuve qui a inventé "les promotions responsables pour les commerces de proximité" .

Deux nouvelles start-up viennent de signer avec le fonds W.IN.G. D’une part, Keybate, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler dans "La Libre". Fondée par Jean-François Rees, professeur de biologie à l’UCL, cette start-up a construit une application pour smartphones visant à "révolutionner" les sessions de questions & réponses lors de conférences, séminaires, congrès,… Keybate, déjà récompensée le mois dernier lors du forum "Mind & Market", se voit attribuer un prêt de 50 000 euros par W.IN.G. Il s’agit du premier financement décroché par Keybate, ce qui correspond parfaitement à la mission de fonds d’amorçage ("seed money") de W.IN.G. L’autre start-up est Look. Il s’agit aussi d’une application qui, selon ses concepteurs, permet de "demander à n’importe qui de vous envoyer une vidéo "live" de l’endroit où il/elle se trouve" , soit un service de webcam à la demande. W.IN.G a décidé de prendre une participation à hauteur de 150 000 euros dans Look.

Le fonds W.IN.G, rappelons-le, peut intervenir de deux façons. Premier cas de figure : la start-up, au tout début de sa création, se voit accorder un financement de 50 000 euros, libérable par tranches, sous forme de prêt convertible. Ce financement ne nécessite aucune contrepartie privée. Deuxième hypothèse : s’il est convaincu du potentiel de rentabilité de la start-up, le fonds peut prendre part à un premier tour de financement. Dans ce cas, l’intervention du fonds régional peut monter jusqu’à 250 000 euros (le cas échéant, conjointement avec un Invest wallon), mais pour autant qu’il y ait une intervention privée égale au moins à la moitié de l’intervention publique.