Digital La Belgique se familiarise avec des formes de financement prometteuses.

Alors que le secteur bancaire est soumis à de fortes pressions à la fois réglementaires et financières, le secteur des FinTechs, et plus particulièrement celui du crowdfunding (littéralement, "financement par la foule"), commence à prendre sa place sur le marché des crédits et de l’investissement. Les montants souscrits par ce biais étaient d’environ 4 millions d’euros en 2015 et sont passés à 10,9 millions d’euros en 2016, soit une croissance de 150 %.

Trois plateformes

Ces chiffres sont encore faibles par rapport à ceux enregistrés dans les pays anglo-saxons ou face aux montants des crédits octroyés par le secteur bancaire, mais ils démontrent que les Belges commencent à se familiariser avec ce genre de pratiques. Ce sont ainsi 489 entreprises (contre 35 en 2015) qui ont eu recours à ce type de financement en 2016.

Pour rappel, le financement participatif consiste à collecter des fonds auprès d’une communauté d’investisseurs (parfois de donateurs) pour financer des projets entrepreneuriaux voire philanthropiques, culturels ou artistiques. Ces financements peuvent se faire soit sous forme de dons, soit sous forme d’une participation au capital (en actions) ou soit sous forme de prêts. Dans ce cas précis, on parlera de crowdlending.

Par ce biais, un grand nombre de personnes peuvent soutenir des projets en microfinance, financer des start-up ou encore développer des innovations ou des entreprises en phase de croissance. En Belgique, trois plateformes qui se partagent 70 % du marché : MyMicroInvest, Bolero (groupe KBC) et Look&Fin spécialisée dans le prêt. Dans les sommes qui ont été collectées pour financer ces projets, la majorité (soit 70 %) était dirigée vers du financement à travers des prêts.

Quelles sont les raisons qui incitent des particuliers à investir directement dans le financement des PME au travers de ces plateformes ? La faiblesse des taux d’intérêt face aux conditions offertes dans le crowdlending pousse les investisseurs à placer leur capital sur des plateformes qui mettent en relation investisseurs et emprunteurs. Quant aux entreprises, elles trouvent là un financement rapide qui leur permet de mettre en place un effet de levier pour obtenir des crédits complémentaires auprès de leurs banquiers.

Le financement participatif a aussi été favorisé par une nouvelle réglementation qui est entrée en vigueur récemment : le tax shelter. Ce nouvel avantage fiscal permet, sous certaines conditions bien précises, de déduire de sa base imposable les sommes investies dans des PME avec un maximum de 45 000 euros par personne et par an. Malheureusement, cette déduction fiscale ne concerne que les entreprises très jeunes (les start-up).

Ne pas négliger le facteur risque

Le succès grandissant du crowdfunding ne doit pas occulter les risques qui sont liés à cette forme d’investissement. Dans le cadre du financement participatif en actions, l’investissement se fait dans le capital de sociétés très jeunes. Il n’y a pas d’échéance fixée pour le remboursement en capital et le rendement sous formes de dividendes ou de récompenses est aléatoire. Le risque pris est important.

Dans le cas des prêts, les sociétés sont, en général, plus matures. Le rendement de l’investissement est régulier sous forme du paiement des intérêts et le remboursement du capital est prévu à une échéance fixe. Le financement participatif peut s’envisager avec précaution dans le cadre d’une diversification de portefeuille. Il permet sans aucun doute de soutenir des projets locaux et innovants. Les plateformes belges commencent à asseoir leur notoriété et, à l’instar de Look&Fin, s’exportent aussi au-delà de nos frontières.