Digital

Il y a une pensée unique qui consiste à opposer l’univers du luxe et le digital, arguant d’une hypothétique incompatibilité. Or, le digital n’est pas un danger pour le luxe, bien au contraire. Les industries de la mode et du luxe sont au cœur de la révolution technologique et digitale. La créativité et l’innovation sont plus que jamais des leviers de croissance et de durabilité de ces industries.

Dans son ouvrage collectif ‘Luxe&Digital - Stratégies pour une digitalisation singulière du luxe’, paru aux éditions Dunod, Eric Briones - Directeur du Planning Stratégique de "Publicis EtNous" - combat ces incompréhensions et montre à quel point le digital et le luxe peuvent résonner et fonctionner ensemble. Cependant, le luxe, qui ne ressemble à aucun autre secteur, doit par conséquent se montrer singulier dans sa démarche et opter pour une digitalisation unique. Plus que tout autre secteur, le luxe a été la tête de Turc préférée des observateurs professionnels du monde numérique. 

"Écrire ‘Luxe et Digital’fut un challenge stimulant, car la problématique exposée est l’ennemi public numéro un de la tranquillité du secteur", soutient Eric Briones. "Le luxe subit depuis des années un véritable ‘digital bashing’de la part des médias, accompagnés par la démagogie de certains acteurs du numérique qui aimeraient désespérément pouvoir vendre ces objets magiques qui résistent à la crise. Ces attaques incessantes ont eu les effets pervers de générer un vrai complexe numérique, mais aujourd’hui, la lassitude s’est muée en exaspération à l’écoute des formules prêtes à l’emploi, comme : ‘Prenez garde, vous allez vous faire uberiser’, ce qui dans ce cas précis n’a pas de sens, car on applique littéralement une transformation qui touche l’univers des services au monde des biens matériels." Non, le luxe n’a pas attendu le recrutement d’un cadre d’Apple pour prendre au sérieux la question de sa digitalisation. "Longtemps, Amazon a incarné l’unique école de pensée e-commerce, construite autour des valeurs de profusion, de rationalité, dans un environnement clinique, sans storytelling. C’est pourtant bien l’univers du luxe qui a jeté un pavé dans la mare, dès 2000, avec la révolution Net-A-Porter de Natalie Massenet (aujourd’hui coprésidente non exécutive de la plateforme e-commerce Farfetch, NdlR). Une réussite construite autour du premier magasin magazine, le transmedia The Edit, aussi élégant qu’efficace sur tablette, catalogue ou ordinateur. Le luxe et la mode ont posé les bases du storyselling, ou l’art de vendre sur Internet par la magie d’une histoire de style."

Force est de constater que le monde des nouvelles technologies s’inspire de plus en plus du luxe, dès lors, allons-nous assister à une union vertueuse avec les géants du digital ? La réponse dans le livre.