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Ce jeudi est la date officielle d’entrée en vigueur de la suppression des frais de "roaming", en matière de télécoms, au sein de l’Union européenne (UE). Le roaming, c’est ce droit payant d’utilisation des réseaux d’autres opérateurs télécoms lorsqu’on utilise un téléphone portable à l’étranger pour des messages, des appels ou l’utilisation de l’Internet mobile. La fin du roaming est d’application pour les 28 pays de l’UE, suivis par le trio formé par le Liechtenstein, l’Islande et la Norvège (appelons-la UE pour faire simple).

1 Qu’est-ce que ça signifie pour un voyageur ?

Cette évolution permet, dès aujourd’hui, aux Européens qui voyagent hors de leur pays d’origine, d’appeler au départ de leur mobile n’importe quel autre utilisateur européen au sein de la "zone roaming", soit l’UE. La facturation est alors effectuée par l’utilisation des minutes de communication comprises dans leur forfait national. En clair, si vous êtes au Luxembourg et que vous appelez dans un autre pays de l’UE, Belgique comprise, la minute de communication sera déduite de votre forfait, tout comme si vous appeliez un téléphone belge quand vous êtes à la maison. Mais, attention, si vous appelez un ami français lorsque vous êtes en Belgique, vous ne bénéficierez pas de la zone roaming et vous payerez toujours une communication au tarif international. C’est surprenant, mais c’est la règle… jusqu’à nouvel ordre.

2 Quid de mon forfait "data" ?

On le sait, une majorité d’utilisateurs de mobiles ont opté pour un smartphone. Celui-ci offre une foule de services dès lors qu’il est branché sur le réseau "data" d’un opérateur télécoms. Et, vous en avez peut-être fait l’expérience, si cet outil est extrêmement pratique sur le territoire belge, il pouvait devenir horriblement coûteux à l’étranger (sauf forfait spécifique). Pour éviter les mauvaises surprises, les voyageurs coupaient l’accès aux "datas" à l’étranger, se privant des précieux services de leurs smartphones. Ce n’est désormais plus le cas (en UE étendue). Ici aussi, l’utilisation de ces "datas" se fera partout au sein de l’UE (élargie) comme à la maison. Comprenez : chaque méga ou giga de données utilisé à l’étranger sera déduit de votre forfait sans surcoût. C’est une révolution puisque cela permet, par exemple, aux voyageurs d’utiliser un programme de guidage pour visiter les villes de l’UE, de se situer sur les sentiers des gorges de l’Ardèche, de lire "La Libre" où qu’ils soient en UE, d’utiliser un logiciel de traduction en ligne, etc. Mieux, il est aussi possible de contacter ses proches via les applications de messagerie comme WhatsApp, Messenger, FaceTime et autres. Et même si vous dépassez vos forfaits (minutes de communication, nombre de SMS ou MMS, ou de gigas de datas), vous ne paierez que le supplément de prix prévu en Belgique.

3 Les opérateurs perdent-ils de l’argent suite à cette réforme ?

Oui et non. Le nouveau cadre européen prévoit la possibilité pour les opérateurs de surfacturer des consommations abusives, après en avoir averti les utilisateurs. L’idée est d’empêcher des petits malins d’aller à la pêche aux abonnements les moins chers de l’UE pour les utiliser dans les pays où, comme chez nous, les forfaits mobiles sont plus chers. Un exemple ? Chez Telekom Romania, on trouve des cartes prépayées offrant 1 000 minutes nationales, 100 minutes internationales et 5 GB par mois pour… 5 euros. Ce qui voudrait dire que, pour 60 euros par an, il serait possible de bénéficier en permanence du réseau mobile belge (par exemple). Là, il s’agit d’un usage abusif qui sera repéré par les opérateurs. Mais pour le solde, mis à part les MVNO ("mobile virtual network operator") qui vendent à bas prix des communications et qui doivent raboter leurs marges, les opérateurs vont survivre. Ainsi, Scarlet, la filiale "low cost" de Proximus, qui pratique la suppression des frais de roaming depuis un an, a-t-elle constaté que ses clients appellent sans souci lors de leurs déplacements au sein de l’UE et que leur utilisation des "datas" a plus que quadruplé.

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