Digital Tesla a annoncé mercredi que ses actionnaires ont voté, à 73%, un projet de rémunération colossale de près de 56 milliards de dollars pour Elon Musk, l'emblématique patron et fondateur du constructeur de véhicules électriques haut de gamme. 

Ce projet, annoncé en janvier, et ces milliards sont liés aux performances boursières sur les dix prochaines années de Tesla, groupe fondé en 2003 par Elon Musk Musk, 46 ans, et censé devenir une des plus grosses entreprises par capitalisation boursière au monde. 

" Elon ne recevra aucune compensation, pas de salaire, pas de bonus en liquide", a commenté la compagnie lors de l'annonce du plan en janvier. En effet, Elon Musk ne reçoit aucune des compensations mentionnées mais dispose d'un paquet de stock-options, un mode de rémunération différé avantageux qui donne le droit d'acheter des actions dans le futur. 

Lorsque le milliardaire américain décidera d'utiliser ces stock-options, il ne les paiera pas sur base de leur coût réel mais bien sur base de la date à laquelle ces stock-options ont été attribuées. Grâce à un cours favorable, il pourrait réaliser une belle plus-value lors de la revente de ces actions.

Un plan de rémunération en douze étapes

Le plan de rémunération octroie des stocks-options à Elon Musk exerçables en douze "étapes". La première étape est le seuil de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière, ensuite ce sera 50 milliards de dollars de plus à chaque "étape", jusqu'à 650 milliards de dollars. Ce dernier niveau mettrait le groupe largement devant les valorisations actuelles du numéro 1 mondial de la distribution Walmart et celle du groupe pétrolier ExxonMobil et sur les talons de Microsoft et Alphabet (Google). 

Ce projet avait été dénoncé par des cabinets de conseils spécialisés qui l'estimaient "sidérant". Ces détracteurs font valoir qu'Elon Musk, déjà milliardaire et actionnaire à 20% du capital de Tesla, n'a pas vraiment besoin de cette rémunération exceptionnelle. 

" Le coût est relativement sidérant comparé aux niveaux de rémunérations des dirigeants d'entreprises cotées à travers le monde", avait dénoncé le cabinet de conseils aux actionnaires Glass Lewis, qui avait appelé, comme Institutional Shareholder Services (ISS), autre grand cabinet de conseils américain, à la rejeter. 

Garder Musk le plus longtemps possible

Les partisans de cette rémunération font valoir qu'elle va contraindre Elon Musk, entrepreneur aux multiples casquettes, à rester aux commandes de Tesla au moins pendant 10 ans pour conduire le groupe sans heurt dans la transformation actuelle du secteur automobile. 

La rémunération a pour objectif de booster la valeur de Tesla tout en gardant Elon Musk dans les parages. Le milliardaire travaille, en effet, des projets parallèles à Tesla comme l'entreprise spécialisée dans l'astronautique SpaceX, la société de construction The Boring Company ou encore Hyperloop One, une société californienne dont l'objectif est de mettre au point une technologie de transport à grande vitesse.

" J'entends bien rester PDG à l'avenir. Mais, à un moment donné, s'il y a quelqu'un de vraiment spectaculaire dans l'entreprise ou de l'extérieur qui veut ce rôle et qui voudrait avoir ce titre, ce rôle, cela me conviendrait. Je me concentrerais sur le développement de produits, ce qui relève du design et de l'ingénierie, c'est ce que je préfère", a expliqué le principal intéressé. 

Elon Musk a perçu un salaire de 49.720 dollars en 2017 en tant que PDG de Tesla et ne devrait rien recevoir cette année. Sa personnalité et ses ambitions sont derrière la flambée à Wall Street de Tesla, premier groupe automobile américain actuellement par capitalisation boursière alors même qu'il n'a vendu que quelque 80.000 voitures l'an dernier contre près de 10 millions pour General Motors (GM).