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La soirée électorale en France s’est déroulée, comme beaucoup d’événements, avant tout sur le web. Bien qu’il n’y ait pas eu de grand écart avec le petit écran en ce qui concerne le contenu, la rapidité du net s’est avérée époustouflante. Les agitateurs de la Toile ont diffusé les chiffres, commenté les résultats de ces élections avec environ deux bonnes heures d’avance ! Le ministère de l’Intérieur a en effet donné lui-même la priorité au site de microblogging Twitter pour les chiffres de la participation aux urnes. De nombreuses personnes ont voulu être les premières à gazouiller, dont des journalistes, malgré les 75 000 euros d’amende prévue pour punir les journalistes français ne sachant pas tenir leur tweets en poche avant 20h.

Selon les estimations du Soir : un millier de Français auraient relayé sur Twitter le message du même quotidien belge de 17h01, évoquant les premières estimations, qui, par ailleurs, se sont avérées fausses.

En France, certains critiquent le rôle de Twitter et des médias francophones étrangers. Au ministère de l'Intérieur, on "réfléchit à une modification du code électoral", afin de pouvoir divulguer les informations avant 20h, souligne L'Express.fr.

Bref, à nouveau, cet engouement pour l’ultra-communication, pour l’hyper-connectivité soulève de nombreuses questions. Pourtant, cette réflexion ne concerne pas tout le monde. En effet, il ne faut pas négliger l'existence de la fracture numérique. Néanmoins, les avantages des sites de réseaux sociaux Twitter sont souvent mis en avant dans les médias, alors que de plus en plus de chercheurs se penchent sur les dangers de ces nouveaux outils qui modifient incontestablement nos comportements sociaux.

Un groupe de chercheurs a par exemple proposé vendredi passé un débat très intéressant lors du festival South by South West qui se tient du 12 au 17 mars à Austin. Ce rendez-vous des explorateurs du web de demain est l’occasion de sonder un public cible très au fait des nouvelles technologies de communication.

Est-ce que la technologie affaiblit les relations sociales ?

Lors de ce débat, il a été mis en lumière que la vie sentimentale devient de plus en plus calculée depuis que les réseaux sociaux ont débarqués dans nos vies. Avec des sites comme Facebook, pour donner l'exemple le plus connu au monde, les utilisateurs se vendent via leur profil à leur entourage. Chacun développe son « product brand » afin de paraître le plus beau et le plus populaire possible, tout cela pour être aimé davantage.

D’un autre côté, toujours selon les intervenants du débat, les relations humaines dans "la vraie vie" seraient plus franches, et donc moins superflues. Etant donné que toutes les informations basiques sont déjà connues, les gens iraient plus vite à l'essentiel.

Du côté de la vie professionnelle, il apparaît clairement que la connectivité permanente est source d’anxiété, car elle accroît la charge de travail, et elle fait pénétrer la vie professionnelle au sein de la vie privée. Cependant, sur le lieu de travail, les réseaux sociaux semblent encourager les collègues à communiquer entre eux. En d’autres termes, ces sites rendent la frontière entre la sphère professionnelle et la sphère privée de plus en plus floue. Le boulot devient plus sympa, mais aussi omniprésent.

Les entreprises aux Etats-Unis ne voient pas d’un très bon œil ces sites. 54% d’entre elles les bannissent carrément sur le lieu du travail.

Twitter : une source d’inspiration

L’on constate à l’occasion de ce débat que Twitter soulève beaucoup de questions dans notre société et partout dans le monde. Certaines personnes ont d’ailleurs exprimé leur questionnement, comme par exemple Kyle McDonald. Cet artiste a poussé jusqu’à son paroxysme le concept de Twitter. Il tweete tout - absolument tout - ce qu’il tape. Son compte est relié ingénieusement à un keylogger qui enregistre ses frappes.

Tiago Martins et Ricardo Nascimento, créateurs des Ramblershoes, ont eux posé un capteur de pression dans une paire de chaussures de sport. L’information - envoyée, via Bluetooth à un téléphone mobile qui poste sur Twitter «tap tap tap» - permet de savoir si la personne qui les porte marche ou non, et à quelle vitesse.

Un Japonais On Kawara, 78 ans, twitte lui quotidiennement toujours le même message : «I am still alive», «je suis toujours en vie».

Dans le genre complètement absurde, il y a encore le profil très poétique de TheMime qui tweete simplement du silence … A méditer.