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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.


Cher P..,

On a déjà évoqué des « bonnes résolutions » dans la chronique précédente, mais je voudrais, comme pour les vœux, considérer que l’on a jusqu’à la fin de janvier pour en faire.

Et rajouter cette ultime résolution, que je compte m’appliquer, et qui peut sans doute inspirer l’un ou l’autre entrepreneur qui en reconnaîtrait le besoin.

Pour résumer cette résolution, j’ai tendance à me dire « ignorer la boule rouge ».

Qu’est-ce à dire ? Mais siii, vous voyez sans doute tous ce petit rond rouge, généralement doté d’un chiffre, qui s’affiche en haut à droite de quasi toutes vos icônes d’applications !

Ce petit indicateur de notifications, qui est là avec insistance, pour vous rappeler à combien d’emails vous n’avez pas encore répondu, combien de messages vous sollicitent, ou combien d’appels vous avez manqué !

Un réseau social comme Facebook est particulièrement atteint par ce phénomène, on pourrait même dire qu’il en est un amplificateur. L’application vous interpelle pour des choses ‘normales’ (quelqu’un mentionne votre nom, vous interpellant dans une conversation ; mieux vaut aller voir de quoi il s’agit), jusqu’à des choses de plus en plus futiles (quelqu’un a liké votre commentaire, ou a commenté après vous), en passant par le plus classique (et narcissique, comme le selfie faussement naturel, dont on guette minute après minute le nombre de likes).

D’anciens cadres de Facebook ont récemment confié à la presse à quel point ces « ressorts humains » s’appuient sur une connaissance fine de la psychologie humaine, et sont sciemment exploités par les réseaux et les apps, pour nous inciter à retourner les consulter très régulièrement, plusieurs fois par jour.

On peut sans doute parler d’addiction, quand on passe de longues minutes, à scroller, à guetter la news de untel ou unetelle. On en serait en moyenne à 3h par jour, et à 39 sessions smartphone sur 24h, à comparer avec 18 minutes par jour en 2008… avant l’arrivée du smartphone.

Un usage intensif, mais qui nous amène souvent à nous sentir aussi mal qu’après avoir avalé une boîte de Melo-cakes : on n’y a rien gagné, si ce n’est une grosse culpabilité.

Répétons-le : il n’y guère de véritable raison de « checker » ses réseaux sociaux tout au long de la journée.

La capacité d’attention, le focus d’un entrepreneur sur son projet, sont des choses trop précieuses que pour les laisser s’évaporer dans une vaine course à la « boule rouge »… Si on peut se faire à la discipline de ne consulter ces distractions que une ou deux fois par jour, on découvre avec étonnement, et soulagement, tout ce que l’on a récupéré comme temps.

R.